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Eva Joly, l’art de la contradiction

Christophe Jakubyszyn.

Christophe Jakubyszyn. - -

La candidate la plus redoutée de François Hollande, c’est bel et bien Eva Joly. Sa bête noire, qui devrait être pourtant son alliée. Car la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts connaît très bien les rouages de la politique et excelle dans l’art de dire tout et son contraire, comme nous l’a montré l’épisode de l’accord PS /EELV.

François Hollande et Eva Joly sont officiellement alliés. Ils sont partenaires. En tout cas leurs deux partis ont signé la semaine dernière un accord électoral pour les législatives et un accord de gouvernement. Les Verts se sont engagés à soutenir le futur gouvernement socialiste comme la corde soutient le pendu.

Hollande / Joly, meilleurs ennemis

François Hollande, c’est Eva Joly qui en parle le mieux. Elle déclarait récemment : « J’en veux aux socialistes d’avoir cédé aussi visiblement, aussi directement au lobby du nucléaire ».
Dans Le Monde de mardi, elle explique aussi que les socialistes ont « faits du bois dont on fait les marionnettes ». Il faut dire que François Hollande le lui rend bien. Il y a peu de temps, il s’amusait dans un discours de l’erreur des Verts d’avoir soutenu Aubry pendant les primaires : « J’ai compris que les écologistes avaient voulu peut être un moment s’immiscer dans nos débats. Visiblement leur nombre n’a pas suffi ».

Eva Joly, pas si ferme que ça

Eva Joly sait très bien faire de la politique. Mardi soir sur France 2, elle était capable de dire tout et son contraire. Sur l’accord signé par Cécile Duflot, elle « trouve que les négociations ont été remarquablement menées ». Elle expliquait « qu’il y a un socle qui fait l’accord commun pour les élections législatives. Cet accord est indispensable pour un petit parti. Indispensable pour battre la droite ».
Et puis je vais vous révéler un secret. Eva Joly avait été la première, le lendemain de l’accord signé dans la nuit de lundi à mardi à approuver l’accord. Certes dans sa première version, mais une première version qui ne prévoyait ni la fin du nucléaire, ni la fermeture de Flamanville. Deux conditions qu’elle avait posé une semaine plus tôt comme condition sine qua non d’un accord avec les socialistes.

Une diète médiatique pas du tout planifiée

Non ! Eva Joly n’a pas voulu faire le coup du général de Gaulle à Baden-Baden comme le laissait entendre le Journal du Dimanche. Voilà comment ça s’est passé la semaine dernière. D’abord, elle se renie en acceptant un accord qui ne correspond pas à ce qu’elle avait dit. Puis elle est prise de remords. L’intervention d’Areva le lendemain lui donne l’occasion de se refaire une virginité. Mais plutôt que de mettre tout de suite les mains dans le camboui et de prendre la parole, elle part à la campagne chez un ami près d’Angoulême pour travailler sur le livre-programme qu’elle prépare. C’est son entourage qui invente l’histoire de Baden-Baden dans le JDD pour donner une cohérence à son week-end prolongé et dramatiser son coup de gueule. Il ne reste plus à Eva Joly qu’à ressortir du bois, après avoir laissé les autres à faire le sale boulot, et se draper dans sa vertu.

Christophe Jakubyszyn