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Excuse-moi, je t'ai pincée: sur RMC, Ophélie Claude-Boxberger raconte comment elle a été dopée à son insu par son beau-père par jalousie

TÉMOIGNAGE RMC - C'est un document unique: la championne française du 3000 mètres steeple raconte à Jean-Jacques Bourdin comment son beau-père Alain Flaccus lui a inoculé une piqûre d'EPO à son insu.

Invraisemblable. Longtemps au centre du viseur, Ophélie Claude-Boxberger semble aujourd'hui sortir de la polémique. 

L'athlète française, spécialiste du 3.000 m steeple, a été suspendue fin 2019 après un contrôle positif à l'EPO. Rapidement, elle se défend et accuse directement son beau-père de l'avoir dopée à son insu. Une version incroyable qui ne convainc pas. 

Pourtant, la jeune femme de 31 ans clame toujours et encore son innocence et assure que son beau-père Alain Flaccus, qui fait partie de son encadrement sportif, lui aurait bel et bien inoculé une piqûre d'EPO à son insu, alors qu'elle s'était assoupie après un massage.

Sur RMC, elle raconte "ce jour où ma vie s’est complètement arrêtée": "Je suis dans les 15 meilleures mondiales, je suis très surveillée. On avait 3 à 4 contrôles par mois. Ce jour-là, mon beau-père savait que j’allais avoir un contrôle anti-dopage". 

"J'ai eu une pulsion"

Face à la polémique, la Franc-comtoise, multiple championne de France, a porté plainte pour empoisonnement auprès du tribunal de grande instance de Montbéliard le 17 décembre dernier, dénonçant une "machination", révélant au passage le passé douloureux qui la lie à Alain Flaccus, expliquant avoir des années plus tôt déposé puis retiré une plainte contre lui pour agression sexuelle. 

Le compagnon de sa mère aurait agi, selon elle, "par jalousie", l'athlète ayant une relation sentimentale avec le Dr Jean-Michel Serra, ancien directeur du service médical de la Fédération française d'athlétisme.

Dans une interview à l'Est Républicain, Alain Flaccus, 72 ans, s'est finalement confié: "J'ai eu une pulsion" a-t-il avoué le 16 janvier dernier. Il reconnait et "assume" avoir dopé la jeune femme à "son insu", ne se "l'expliquant pas", avoir "eu une pulsion".

Sur RMC, mardi matin, la jeune femme s'est confié à Jean-Jacques Bourdin. Elle confie son soulagement quant à l'issue de cette affaire et revient sur le moment où elle a senti "un pincement":

"Je ne me suis pas rendu compte qu'il m'a dopé. Il aurait acheté deux seringues d'EPO, d'après ce qu'il dit. Il aurait injecté une première dose en sous-cutanée dans le bas du dos, une zone qui est relativement peu sensible. J'ai alors ressenti une sorte de pincement. Je lui ai dit qu'il me faisait mal et il m'a dit 'Excuse-moi, je t'ai pincé'. J'étais à des années d'imaginer ce qu'il venait de faire... Comme j'ai ressenti quelque chose sur la première injection, il a dit aux enquêteurs qu'il n'avait pas osé faire la seconde et aurait caché la seringue..."

La jeune femme est toujours suspendue provisoirement par les autorités sportives.

Jean-Jacques Bourdin avec Xavier Allain