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Fonction publique: pas de dégel du point d'indice, les syndicats quittent les négociations

Une grève à venir chez les fonctionnaires ?

Une grève à venir chez les fonctionnaires ? - RMC

Au micro de RMC ce vendredi, Natacha Pommet, secrétaire générale de la fédération CGT des services publics, a indiqué que la grève n'était pas exclue pour faire pression sur l'exécutif.

Au lendemain de leur départ de la table des négociations, les syndicats représentatifs des fonctionnaires ne décolèrent pas. En cause: le refus émis ce jeudi par la ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, de rehausser le point d'indice servant à calculer le salaire de l'ensemble de cette catégorie de travailleurs du service public.

La ministre avait déclaré à l'occasion de cette réunion salariale que les conditions n'étaient "pas réunies" pour réaliser une revalorisation de ce point. Alors que la valeur de ce dernier est gelée depuis 2010 - à l'exception de revalorisations égales à 0,6% en juillet 2016 et février 2017 -, il s'agissait de la troisième rencontre cette année entre la ministre et les syndicats. Les difficultés des fonctionnaires concernant leur pouvoir d'achat ont à chaque fois occupé les discussions, avec en toile de fond une forte hausse de l'inflation ces dernières semaines.

Mais la demande de hausse des salaires des fonctionnaires est ainsi restée une nouvelle fois lettre morte. De quoi déclencher l'ire de Natacha Pommet, secrétaire générale de la fédération CGT des services publics, interviewée au micro de RMC ce vendredi.

Une augmentation de 10% des salaires exigée

"La ministre se contente de revaloriser les plus bas salaires et oublie l'immense majorité des 5 millions de fonctionnaires", martèle-t-elle dans "Apolline Matin", soulignant le rôle prépondérant qu'ils ont joué durant les heures les plus dures de la pandémie.

Lors d'une conférence de presse donnée à l'issue des négociations, ce jeudi, Amélie de Montchalin avait déclaré que cette revalorisation du point d'indice était "une solution de facilité utilisée pour tant de gouvernements pour ne pas augmenter les bas salaires". Elle a également avancé que cette revalorisation "n'aurait augmenté que d'une dizaine d'euros les agents de catégorie C", soit les moins bien rémunérés.

En juillet dernier, la ministre de la fonction publique avait par ailleurs annoncé une hausse de 40 à 100 euros nets par mois pour 1,2 million de fonctionnaires classés en catégorie C.

Les syndicats représentatifs des fonctionnaires, parmi lesquels la CGT, FSU et Solidaires demandaient quant à eux une augmentation immédiate de 10% des rémunérations via un dégel du point d'indice, accompagnée d'un rattrapage progressif afin d'éponger d'une perte de pouvoir d'achat - égale à 6% depuis 2017 selon Natacha Pommet - liée au gel du point depuis onze ans. Cette mesure était exigée pour les 5 millions d'agents du service public, pêle-mêle fonctionnaires et contractuels.

Le recours à la grève possible

Pour Natacha Pommet, une condition doit désormais être posée avant un retour des fonctionnaires aux négociations: "Au préalable, qu'il n'y ait pas de tabous sur l'augmentation du point d'indice. C'est un système de rémunération égal pour tous les fonctionnaires et cela permet d'éviter les inégalités", affirme-t-elle.

"Une rencontre est prévue en intersyndicale le 20 décembre afin que l'on décide des suites et que l'on s'entende sur des modalités d'action pour la rentrée", précise Natacha Pommet. Parmi ces modes d'action, la secrétaire générale de la fédération CGT des services publics n'exclut pas le recours à la grève.

De son côté, Amélie de Montchalin avait annoncé à l'issue de la réunion que l'indice minimum de traitement sera relevé au 1er janvier 2022, de manière à ce qu'aucun agent ne soit recruté à un indice inférieur au Smic. Elle avait par ailleurs renvoyé la question d'une négociation générale sur les rémunérations et les carrières au prochain quinquennat.

H.R.