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Fonctionnaires en colère : Georges Tron leur répond

Georges Tron, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, invité ce mercredi sur RMC et BFM TV.

Georges Tron, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, invité ce mercredi sur RMC et BFM TV. - -

Au lendemain d’une réunion houleuse au ministère de l'Economie, sur le gel de l’indice salarial des fonctionnaires, pour la 2e année d'affilée, les syndicats sont en colère et envisagent une mobilisation… Invité sur RMC, Georges Tron tente de les rassurer.

Les portes ont claqué hier mardi à Bercy, au ministère de l'Economie. Au terme d'une table ronde avec les syndicats, le gouvernement a décidé, pour la deuxième année d'affilée, de ne pas augmenter le point qui permet de calculer les salaires des fonctionnaires. En colère, les syndicats rappellent que pour eux, le pouvoir d'achat est en chute libre. Ils ont donc prévu une réunion le jeudi 28 avril pour décider d'une éventuelle mobilisation.

« Le pouvoir d’achat des fonctionnaires augmentera de plus d'1% en 2011 »

Mais du côté du gouvernement, on juge que le « gel du point d'indice », ce n'est pas pareil que « le gel des salaires ». Et Georges Tron promet aussi que des promotions seront favorisées au cas par cas.
Invité ce mercredi matin sur RMC, le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique a précisé : « Le point d’indice ne joue qu’à hauteur de 15-20%. […] Entre 2007 et 2010, l’augmentation du pouvoir d’achat des fonctionnaires a été de 10% en net. Et je vous dis très clairement que sur l’année 2011, nous aurons une augmentation en net du pouvoir d’achat des fonctionnaires qui sera supérieure à 1%. »
Pour écouter le podcast complet de son interview, cliquez ici.

Grève, manifestation ou pétition ?

Les syndicats ont rendez-vous jeudi prochain pour décider de la suite. Ils doivent se mettre d'accord sur une éventuelle mobilisation. Mais sous quelle forme ? Une grève, une manifestation ou quelque chose de plus simple comme une pétition... La dernière manifestation unitaire des fonctionnaires remontent à 2009. Avec 5 millions d'agents de la fonction publique, les syndicats le savent, il faut une forte mobilisation pour peser sur le gouvernement. Un appel à la grève est une option délicate : beaucoup de fonctionnaires ont cessé le travail pour défendre leur retraite l'an dernier, ils ont déjà perdu plusieurs journées de salaires.
Les organisations syndicales, elles, ont déjà perdu leur combat contre la réforme des retraites il y a quelques mois, elles ne peuvent donc plus se permettre la moindre erreur. Pourtant, chez les fonctionnaires, la colère gronde. Pour beaucoup, ce gel du point d'indice est juste l'annonce de trop.

"Je crois qu’il y a effectivement une grande colère."

"Je crois qu’il y a effectivement une grande colère". affirme Bernadette Groison, sécrétaire générale de la FSU, premier syndicat de la Fonction publique "Vous savez c’est quelque chose qui remonte et que l’on voit, ici ou là, à travers des mobilisations qui ont lieu depuis le début de l’année. Des mobilisations dans l’éducation nationale, dans la justice. Il y a un ras-le-bol à la fois de la situation qui est faite aux fonctionnaires, qui en plus sont généralement rendus coupables des disfonctionnements de la fonction publique, alors qu’ils ne cessent de dire qu’ils veulent des moyens pour être mieux au service du publique et puis, bien sûr, pour améliorer leur propre situation."

"Nous n’avons pas de 13ème mois, nous n’avons pas les primes de participation à l’entreprise. [...]Et nous n’avons pas de comité d’entreprise."

Jacky est aide-soignant en Hôpital Public. Il est prêt à se mobiliser "dès demain s'il le faut". Après 32 ans dans la Fonction publique, il gagne 1900 euros. "On est toujours en train de nous montrer du doigt, de nous stigmatiser, qu’on est des privilégies, qu’on a de la chance d’avoir du travail et c’est sur nous qu’on tape sans arrêt. Y’en a marre. C’est le recul de l’âge de la retraite. Voilà, faut toujours nous montrer et nous dire que : « voyez dans le privée, ils ont fait ça ». Mais on n’explique pas pourquoi aujourd’hui les fonctionnaires ont eu, entre guillemets, des avantages acquis. Nous n’avons pas de 13ème mois, nous n’avons pas les primes de participation à l’entreprise. Tout ça nous ne l’avons pas. Et nous n’avons pas de comité d’entreprise."

La Rédaction, avec Céline Martelet