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Français disparus au Népal: "On n’a pas de corps, et ça, c’est terrible"

Le petit village de Langtang, au Népal, a été rayé de la carte par le séisme du 25 avril.

Le petit village de Langtang, au Népal, a été rayé de la carte par le séisme du 25 avril. - AFP

TEMOIGNAGE - Depuis jeudi, les autorités ont stoppé les recherches pour retrouver les Français qui ont disparu alors qu’ils se trouvaient à Langtang, petit village népalais rayé de la carte par le séisme. En colère et dévastés par le chagrin, les proches des disparus dénoncent l'attitude du Quai d'Orsay.

Deux semaines après le séisme qui a fait près de 8.000 morts et 16.000 blessés au Népal, les familles de Français disparus appellent à l'aide. En colère et dévastés par le chagrin, les proches de neuf Français toujours portés disparus dénoncent l'attitude du Quai d'Orsay.

Six d’entre eux étaient partis faire du trekking avec l’agence Trinetra Adventure : Dorian Curmi, Julia Merle, René, Florence, Guillaume Dutrève et Irène Dubouloz. Seuls les corps du guide, Dile Gurung, et de son aide-guide, ont été retrouvés par les équipes de recherches.

Recherches stoppées

Pour ces familles, erreurs et manquements se sont succédé. Jeudi, elles ont appris que les recherches pour retrouver leurs proches étaient finalement stoppées.

Aujourd'hui, elles ne comprennent pas pourquoi la France ne poursuit pas l'exploration du village de Langtang, où ils se trouvaient. Village qui a été littéralement rayé de la carte par la catastrophe naturelle.

"A aucun moment, ils n'ont tenté de creuser"

Charlotte Jarrix est l'une des proches de Dorian Curmi, l'un des disparus de Langtang. Tout ce qu'elle demande au Quai d’Orsay, ce sont des preuves de la mort de Dorian et des autres trekkeurs français.

"Peut-être qu’ils sont sous 60 mètres de gravas, s’interroge-t-elle au micro de RMC. Peut-être qu’ils sont sous 3 mètres de gravas aussi! [Au quai d’Orsay,] ils n’en savent rien du tout ! A chaque fois qu’on les appelle, tantôt ils vont nous dire qu’il y avait un mètre de glace, tantôt ils vont nous dire qu’il y a 60 mètres de pierres… Ce qui est sûr (...), c'est qu’effectivement, à un mètre près, cela peut tout changer. A aucun moment, ils n’ont tenté de creuser."

"On n'a pas de preuve"

Sans corps, impossible de commencer son travail de deuil. "Donc il va falloir faire vite, puisque nous espérons tous, que, peut-être, ils ont survécu, reprend Charlotte Jarrix. On n’a pas de preuve, on n’a pas de corps, et ça, c’est terrible."

Du côté du Quai d'Orsay, on tente de ne pas alimenter la polémique et de rassurer les familles. L’envoi d’équipement pour creuser la roche dans les décombres du village de Langtang est impossible selon le ministère des Affaires étrangères.

La France dépend en effet des autorités népalaises, dont ce n'est pas la priorité aujourd'hui. Les familles des disparus seront reçues "très bientôt" par les autorités françaises.

C. P. avec vec Violette Voldoire