RMC

Gard: une petite commune va héberger trois familles de réfugiés

Trois familles de migrants ont été accueillis dans la commune du Vigan, dans le Gard (photo d'illustration).

Trois familles de migrants ont été accueillis dans la commune du Vigan, dans le Gard (photo d'illustration). - AFP

En tout, trois familles vont pourvoir être accueillies dans des logements vides du Vigan, dans le Gard, dirigée par le maire (divers gauche) Eric Doulcier.

Une petite commune cévenole a décidé en juin dernier de mobiliser son parc immobilier pour héberger des réfugiés politiques. En tout, trois familles vont pourvoir être accueillies dans des logements vides du Vigan, dans le Gard, dirigée par le maire (divers gauche) Eric Doulcier.

"C’est une délibération que nous avons votée en juin dernier, à l’unanimité", s’est-il félicité ce vendredi sur RMC. "Et nous étions, au mois de juin, loin des drames que nous voyons au quotidien."

"Lettres de soutien et lettres anonymes"

Plus de 350.000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier et plus de 2.643 sont morts au cours de la traversée, selon des chiffres donnés le 1er août par l'Organisation internationale pour les migrations. La diffusion de la photo insoutenable, mercredi, d’un enfant syrien mort noyé semble avoir créé un électrochoc dans l’opinion.

"Je reçois de nombreux témoignages de soutien de la population", se réjouit Eric Doulcier. "Mais j’ai aussi quelques lettres anonymes, que l’on voit bien venir d’une certaine désespérance et qui condamnent cette action. Mais c’est peu de chose par rapport aux encouragements".

"L'histoire se répète"

Le maire de Vigan l’assure, cette décision va dans le sens de l’histoire, dans un département qui a une "longue tradition d’accueil":

"J’ai honte de ce pays qui va ériger des mémoriaux, soixante-dix ans après. Je pense par exemple aux réfugiés de la guerre d’Espagne, sur les plages du Languedoc, que l’on a parqués comme des animaux, et qui sont morts de froid et de faim. Aujourd’hui, l’histoire se répète. C’est l’histoire qui est en train de passer sous nos yeux. Tendons-leur la main. Dans cinquante ans, nos descendants érigeront peut-être des mémoriaux à la mémoire de ces enfants. Mais nous, qu’aurons-nous fait?"

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent vendredi autour de la crise des migrants, après un appel de l'ONU à une répartition équitable d'au moins 200.000 demandeurs d'asile dans l'UE.

C. P.