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Grâce au financement participatif, les biscuiteries Jeannette renaissent de leurs cendres

Les célèbres madeleines des biscuiteries Jeannette vont bientôt faire leur retour sur les étals des supermarchés, pour le plus grand bonheur de ses fans, qui n'ont pas hésité à faire des dons sur Internet pour sauver l'entreprise.

Les célèbres madeleines des biscuiteries Jeannette vont bientôt faire leur retour sur les étals des supermarchés, pour le plus grand bonheur de ses fans, qui n'ont pas hésité à faire des dons sur Internet pour sauver l'entreprise. - Miguel Medina - AFP

Grâce à l'afflux de dons sur Internet, les biscuiteries Jeannette, placées en liquidation judiciaire fin 2013, vont bientôt reprendre leur activité à Caen. Une victoire pour les salariés qui avaient occupé leur entreprise pendant un an.

Les salariés de Jeannette ne pleurent plus. Les célèbres biscuiteries, au bord du gouffre, renaît de ses cendres. Mises en liquidation judiciaire à la fin de l'année 2013, les biscuiteries Jeannette, à Caen (Basse-Normandie), s'apprêtent à reprendre la production de leur fameuse Madeleine. Tout ça grâce au financement participatif: des dizaines de dons d'anonymes, de fidèles à la marque ou de personnes qui croient simplement dans le projet du nouveau repreneur, recueillis sur Internet.

Après une première levée de fonds en automne dernier qui avait permis de récupérer plus de 100.000 euros, l'afflux de dons a permis de recueillir de nouveau plus de 180.000 euros depuis le 4 mars. Grâce à cet argent, George Viana, le nouveau patron, va pouvoir réembaucher 14 ex-salariés sur les 21 que comptait la biscuiterie avant sa liquidation. Des salariés qui n'imaginaient pas un seul instant que la biscuiterie puisse fermer, et qui avaient occupé pendant un an les anciens locaux, entre février 2013 et janvier 2014.

"Mon but c'est de pouvoir revoir les madeleines dans les rayons"

Christophe Ganzitti est l'un de ces anonymes qui ont fait un don sur le site de financement participatif créé au profit des biscuiteries. S'il a donné 1.000 euros, c'est pour une raison simple : "Mon but c'est de pouvoir revoir les madeleines dans les rayons et les acheter moi-même pour pouvoir continuer cette belle aventure. C'est une madeleine que je mange depuis mon enfance, que ma grand-mère m'a fait découvrir", explique-t-il sur RMC. "J'ai appris que les locaux sont trouvés désormais, on attend que l'entreprise se peuple de ses machines et de ses salariés avec toute la fougue qu'on a pu voir dans les derniers moments", s'impatiente-t-il.

"On ne s'est pas battu pour rien"

Pour l'instant, ces nouveaux locaux, ce n'est qu'un bâtiment gris, entouré de terre, comme a pu le constater le reporter d'RMC. Mais bientôt, c'est une odeur de madeleine fraiche qui va s'en échapper. "On s'y voit déjà, s'enthousiasme George Viana, le nouveau patron. On imagine déjà tous les salariés qui vont venir tous les matins pour faire chauffer les fours et sortir nos bonnes madeleines. C'est ça qui est magique". Marie-Claire, et son savoir-faire de plus de 30ans, va pouvoir se remettre au travail. "Au début de notre combat, on ne pensait pas que la population allait nous suivre comme ça. Il nous tarde que ça redémarre. Les gens qui nous réclamaient tant la bonne odeur des madeleines savent que c'est bien parti".

"Les salariés se disent qu'on ne s'est pas battu pour rien, ajoute Georges Viana. Maintenant, on espère que cet exemple de Jeannette fasse des petits, que ça donne des idées à d'autres. Que d'autres se disent 'même si les banques ne suivent pas', peut-être qu'on va avoir du financement participatif ou d'autres financements". Maintenant que la biscuiterie est proche de rouvrir ses portes, le nouvel objectif de Georges Viana est d'embaucher jusqu'à 45 personnes d'ici 5 ans.


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Philippe Gril avec Thomas Chupin