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Grandguillaume arrête la politique: "Je n'ai pas envie de faire de la politique un métier"

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A 38 ans, le député PS Laurent Grandguillaume tire sa révérence. Il ne se représentera pas aux élections législatives de 2017. Il défend le non-cumul des mandats, et se l'applique donc, en toute logique. Il a expliqué ce choix à RMC.fr.
  • Comment est venu ce choix d'arrêter votre carrière politique à 38 ans?

Quand j'ai été élu député je me suis appliqué le non-cumul des mandats, j'ai démissionné de tous mes autres mandats. Après j'ai cheminé dans mon raisonnement et j'ai défendu le non-cumul des mandats dans le temps.

J'ai pris ma décision avant l'été, je me suis dit que cela faisait dix ans de mandat, ça fera 10 ans que j'aurais mis ma vie professionnelle entre parenthèse, je n'ai pas envie de faire de la politique un métier. Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait avec passion, j'ai fait beaucoup de choses pendant ces mandats, mais pour autant je n'ai jamais considéré qu'être élu c'était une finalité en soi.

  • Qu'allez-vous faire de votre nouvelle carrière?

Avant l'été je me suis inscrit à une formation continue au Celsa en management des ressources humaines, je commence d'ailleurs lundi. Parallèlement je finirai mon mandat de parlementaire jusqu'au mois de juin pour terminer les dossiers que j'avais commencé.

  • Comment réagissent vos collègues en politique?

Certains de mes collègues me félicitent de mon choix. C'est bien de défendre des idées, mais c'est bien aussi de se les appliquer à soi-même. A partir du moment où je défends le non-cumul, je me l'applique et j'espère que ça pourra éveiller les consciences sur le sujet.

  • Pensez-vous faire des émules?

Il y a une défiance des citoyens vis-à-vis des hommes politiques, il y a plusieurs raisons, mais ça en fait partie. C'est quand on pose un acte politique que cela permet de faire évoluer les choses. Ce que je veux prouver c'est qu'on peut faire de la politique, être jeune, retourner ensuite à la vie professionnelle et que ce soit normal comme ça l'est dans les pays du nord de l'Europe.

Cela permettrait le renouvellement dans la classe politique. Je vois beaucoup de salariés ou de cadres qui me disent qu'ils veulent faire de la politique, mais qui pensent que c'est impossible. Il faut s'engager dans un parti politique, être désigné et si ce n'est pas le cas on ne peut jamais être élu. Beaucoup me disent qu'il est impossible d'être élu car ils ne peuvent même pas passer la case des partis, c'est cela le problème. Le renouvellement.

Quand on me dit "mais qui va te remplacer?", je réponds qu'il y a plein de jeunes dans ma circonscription!

P.B.