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Grippe aviaire: "Voir votre travail anéanti et les animaux élevés abattus, c'est toujours une épreuve"

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Quinze nouveaux foyers de grippe aviaire ont été détectés depuis le début de la semaine dans quatre départements du sud-ouest de la France, portant le nombre total de cas confirmés à 30.

15 nouveaux foyers de grippe aviaire dans le sud-ouest. 4 départements du sud-ouest de la France sont touchés : 9 dans les Landes, 2 en Dordogne, dans le Gers et les Pyrénées-Atlantiques. Au total, 30 foyers de grippes aviaires ont été détectés depuis fin novembre en France. La maladie n'avait pas touché le pays depuis 2007.

Afin de stopper la maladie, les animaux jugés dangereux sont abattus. Jean-Philippe Granger est président de la FDSEA de Dordogne. Il parle d'une situation très compliquée sur le plan économique pour les éleveurs.

"Un producteur de volaille, quand il vend ses produits, il a ses recettes immédiates", explique-t-il. "A partir du moment où la décision d'abattage est prise par les services de l'Etat, il y a une indemnisation derrière mais cela met deux trois mois à arriver. C'est à dire qu'il faut négocier avec la banque pour faire des prêts à courts termes. Il y a une période critique en termes de trésorerie. Certains marchés à l'exportation ont été fermés, c'est une perte sur l'ensemble de la filière."

"La plus grande vigilance"

Au moins 17 pays et territoires ont imposé des embargos, larges ou ciblés, sur les produits avicoles français, dont le Japon, premier débouché des producteurs de foie gras de l'Hexagone. 

Mais au-delà de l'aspect économique, le coté humain pose également problème, pour des éleveurs qui voient leur travail partir en fumée.

"Quand vous êtes éleveurs, voir votre travail anéanti et les animaux élevés abattus, c'est toujours une épreuve", affirme Christophe Barrailh, président de la FDSEA des Landes.

"Notre premier réflexe professionnel, c'est de les accompagner", poursuit-il. "Il y a de la solidarité qui s'exprime, des mots de réconfort, d'encouragement pour les collègues qui sont impactés. Individuellement, il y a la plus grande vigilance pour que les règles sanitaires soient bel et bien respectées, et pour éviter la propagation de cette maladie animale".

Amélie Rosique