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Grogne des intermittents: "On espère que cela va se généraliser à tous les théâtres"

Les intermittents ont occupé la Comédie française ce mardi soir

Les intermittents ont occupé la Comédie française ce mardi soir - Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Les représentations du Théâtre de l'Odéon, occupé depuis dimanche par les intermittents, et de la Comédie Française, investie mardi soir par une cinquantaine d'entre eux, ont été annulées sur fond de tensions à la veille de la reprise des négociations sur leur régime d'assurance chômage mercredi.

Après le théâtre de l'Odéon, les intermittents du spectacle ont occupé la Comédie Française mardi soir. Les représentations de "Phèdre" et de "Lucrèce Borgia" ont été annulées. C'est le quatrième jour de mobilisation pour ces artistes ou techniciens du spectacle qui veulent faire pression sur les négociations qui ont lieu cette semaine entre le gouvernement et les partenaires sociaux du secteur culturel. Des négociations qui doivent aboutir à une modification de leur régime spécifique d'assurance chômage alors que Medef demande des économies à hauteur de 185 millions d'euros par an sur le régime des intermittents du spectacle.

"Il va falloir se bagarrer"

"On s'oppose à tout ce qui se passe en ce moment, à la loi Travail comme à la baisse de nos droits systématiques", explique sur RMC Carmen qui a rejoint la mobilisation à la Comédie française et qui se dit prête à poursuivre le mouvement "le temps qu'il faudra". "On veut démontrer que l'on est déterminé, qu'on ne lâchera pas. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est une solidarité entre toutes les luttes des travailleurs et les intermittents sont des travailleurs comme les autres".

"On espère que cela va se généraliser à tous les théâtres de France", ajoute-t-elle. Fanny Gaillard, metteure en scène au chômage, a, elle aussi, passé la nuit à la Comédie française et elle assure qu'elle se mobilisera tant que nécessaire. "Une chose est sûre, il va falloir se bagarrer et construire un rapport de force pour peser sur ces négociations", déclare-t-elle sur RMC. Et d'estimer aussi que "tout ne se joue pas à la table des négociations, c'est aussi ce qui se passe dans la rue qui doit compter. Nous continuerons donc à mettre la pression".

"On va s'inscrire durablement dans la lutte"

Mobilisé, Maxime Coudour, membre de la coordination des intermittents et précaires, associée à l'action de la CGT, espère que le gouvernement va refuser de faire des économies sur le dos des intermittents. "Ce que l'on attend concrètement aujourd'hui c'est un véritable soutien du gouvernement. On veut vraiment un signe fort prouvant qu'il y a un soutien indéfectible pour les plus précaires, les plus pauvres".

Et de menacer: "Aujourd'hui, c'est le Medef, c'est le gouvernement, ce sont les partenaires sociaux qui ont la responsabilité de la bonne tenue des festivals. On sait très bien que l'on a ce moyen de pression et on saura l'utiliser. On va s'inscrire durablement dans la lutte et c'est ça qui va véritablement leur faire peur. C'est ça qui va vraiment les faire plier".

Maxime Ricard avec Marion Dubreuil