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Guerre en Ukraine: la pression s'accentue sur Leroy Merlin, toujours ouvert en Russie

La pression s'accentue sur les entreprises françaises encore présentes en Russie. Des salariés de la branche ukrainienne de Leroy Merlin ont demandé ce lundi à l'enseigne spécialisée dans le bricolage, ainsi qu'aux autres de l'association familiale Mulliez (AFM) présentes en Russie, Auchan et Decathlon, d'y cesser leurs activités, alors qu'un magasin Leroy Merlin a été bombardé dimanche soir à Kiev.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le député ukrainien Oleksiy Goncharenko visite les décombres du Leroy Merlin de Kiev, bombardé dimanche soir et lance un appel en anglais: "Je m'adresse à Leroy Merlin, les taxes que vous payez en Russie financent les missiles qui font tout ça".

Lundi matin, c'est le ministère de la Défense ukrainien qui dans un tweet a taclé la "première compagnie au monde à financer le bombardement de ses propres magasins et de ses propres employés".

"Ce mutisme est inacceptable et intolérable"

Malgré la pression, la famille Mulliez, propriétaire de Leroy Merlin, n'a pas décidé d'arrêter ses activités en Russie, et ses autres chaînes de magasin, Auchan et Decathlon, restent elles aussi portes ouvertes.

Des salariés de la branche ukrainienne de Leroy Merlin ont demandé lundi à l'enseigne spécialisée dans le bricolage, ainsi qu'aux autres enseignes de l'association familiale Mulliez (AFM) présentes en Russie, d'y cesser leurs activités. Leur pétition avait recueilli ce mardi plus de 11.000 signatures

En France aussi, les syndicats de Leroy Merlin pressent la direction de se positionner. Pour Jean-Marc Cicuto, chef de file de la CFTC, la fermeture temporaire des magasins russes est désormais nécessaire: "Ce mutisme est inacceptable et intolérable. C'est une entreprise responsable et citoyenne, elle doit se positionner clairement. Si l'entreprise prenait la décision de fermer, on envisagerait les maintiens des salaires de nos collègues russes".

De son côté, le gouvernement conserve la même doctrine depuis plusieurs semaines: les entreprises françaises peuvent rester en Russie, tant qu'elles respectent les sanctions européennes. Et ces sanctions pourraient évoluer: "Il faudra d'ailleurs que toutes ces entreprises quittent la Russie dans le cadre de la graduation des sanctions", prévenait lundi sur RMC et BFMTV Christophe Castaner, l'ancien ministre de l'Intérieur, désormais président du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Le groupe Mulliez est présent depuis une vingtaine d'années en Russie. Il y emploie environ 75.000 personnes. Le pays représente près de 20% du chiffre d'affaire mondial de Leroy Merlin.

Victor Joannin (avec G.D.) avec AFP