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Hollande ne veut s'entourer que d'opposants à Sarkozy

François Hollande, favori de l'élection présidentielle en France, ne fera entrer au gouvernement que des opposants à son adversaire, Nicolas Sarkozy, et clairement engagés dans son projet, sans négociation préalable. Dans un entretien publié samedi dans L

François Hollande, favori de l'élection présidentielle en France, ne fera entrer au gouvernement que des opposants à son adversaire, Nicolas Sarkozy, et clairement engagés dans son projet, sans négociation préalable. Dans un entretien publié samedi dans L - -

par Elizabeth Pineau LIMOGES, Haute-Vienne (Reuters) - François Hollande, favori de l'élection présidentielle en France, ne fera entrer au...

par Elizabeth Pineau

LIMOGES, Haute-Vienne (Reuters) - François Hollande, favori de l'élection présidentielle en France, ne fera entrer au gouvernement que des opposants à son adversaire, Nicolas Sarkozy, et clairement engagés dans son projet, sans négociation préalable.

S'il se défend de mettre la charrue avant les boeufs, le candidat socialiste, arrivé en tête du premier tour avec 28,6% des voix, distille depuis quelques jours des informations sur son éventuel futur gouvernement "paritaire" orienté autour de "15 pôles importants" à mesure que se multiplient les ralliements plus ou moins clairs en sa faveur.

Dans un entretien publié samedi dans Le Parisien, François Hollande refuse l'idée d'un gouvernement d'union nationale.

"Il n'y aura pas au gouvernement de personnalités qui auraient pu voter pour Sarkozy au second tour, cela n'aurait aucun sens", explique-t-il.

Il donne l'exemple de son ami Jean-Pierre Jouyet, un socialiste qui a accepté le portefeuille de ministre d'Etat chargé des Affaires européennes dans un gouvernement de droite, et aujourd'hui président de l'Autorité des marchés financiers.

"J'ai une relation d'amitié avec Jean-Pierre Jouyet qui a quitté le gouvernement au bout d'un an. Il pourrait être utile à des missions. Mais n'entreront dans le gouvernement que ceux qui ont été dans l'opposition à Nicolas Sarkozy".

Si François Hollande considère l'ex-candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon comme un membre à part entière de la "majorité présidentielle", il ajoute que toute participation au gouvernement ne pourra se faire "que sur la base du projet que j'aurai présenté".

Quant aux écologistes représentés par Eva Joly, ils sont tenus par un accord passé avec le PS en novembre.

Présente vendredi soir à Limoges, l'ex-candidate Eva Joly a confirmé son plein soutien à François Hollande, qui a toutefois gardé ses distances, ne l'invitant ni sur scène ni à poser à ses côtés. L'ancienne magistrate a fait savoir son intention d'être de tous les meetings du candidat socialiste d'ici au second tour.

RUGUEUX

François Hollande s'est posé en défenseur des valeurs de la France vendredi face à la tentation de l'extrême droite, lançant un appel au "rassemblement de tous les républicains pour la France", gaullistes compris.

"Nous ne devons écarter personne mais en même temps ne rien négocier avec quiconque", a-t-il ajouté devant plus de 7.000 personnes. La salle avait entonné avant son discours le Chant des partisans, l'hymne de la Résistance française.

Le candidat PS a répondu à la lettre du centriste François Bayrou, lequel a semblé prendre ses distances avec Nicolas Sarkozy cette semaine sans dévoiler ses intentions pour le second tour.

"Je m'adresse à ses électeurs", dit François Hollande dans Le Parisien. "Nous verrons bien ce que Bayrou dira et nous en tirerons les conclusions".

François Hollande a dit déplorer les attaques de Nicolas Sarkozy à son égard qui tirent selon lui la campagne vers le bas.

"Les fins de campagne sont celles des derniers feux. Je me souviens que la campagne fut dure entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 mais jamais un tel niveau n'avait été atteint".

Le duel télévisé de mercredi soir prochain s'annonce "rugueux", prédit-il.

En attendant, François Hollande sera dimanche au palais omnisports de Paris-Bercy pour un dernier grand meeting parisien, devant plus de 18.000 personnes.

Mardi 1er mai, jour de la fête du Travail, le candidat socialiste sera à Nevers, dans la Nièvre, pour rendre hommage à l'ancien Premier ministre Pierre Bérégovoy qui mit fin à ses jours le 1er mai 1993.

Jeudi enfin, la place du Capitole de Toulouse sera le théâtre du dernier grand meeting de François Hollande. Il passera le week-end dans son fief de Tulle, en Corrèze.

Vendredi à Bourges, il s'est dit emprunt de "gravité plus que de crainte à l'approche du scrutin qui pourrait voir aboutir une ambition politique née il y a plus de 30 ans."

Avez-vous peur ?, lui a demandé une journaliste. "Ce n'est pas un sentiment que j'éprouve. C'est plutôt une gravité de savoir que les Français vont décider et qu'ils peuvent me placer non plus simplement en tête comme au premier tour mais dans une situation où j'aurai à présider la France", a-t-il répondu.

"Je suis confiant car les conditions sont réunies mais je ne suis sûr d'aucune décision tant qu'elle n'a pas été prise par les Français eux-mêmes", a-t-il ajouté. "Et je ne veux surtout pas donner l'impression qui serait celle d'anticiper ou, ce qui serait pire, d'enjamber le scrutin".

Peu auparavant, il avait assisté à une répétition d'un concert du groupe Zebda, dans le cadre du festival du Printemps de Bourges. "Il va gagner", a lancé à la fin du morceau un chanteur du groupe dont le dernier album s'intitule "Second tour".

Edité par Matthias Blamont

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