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Hortefeux doit démissionner après sa condamnation, juge Fabius

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux doit être écarté de ses fonctions après sa condamnation pour violation de la présomption d'innocence dans l'affaire Bettencourt, estime Laurent Fabius. /Photo prise le 30 novembre 2010/REUTERS/Charles Platiau

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux doit être écarté de ses fonctions après sa condamnation pour violation de la présomption d'innocence dans l'affaire Bettencourt, estime Laurent Fabius. /Photo prise le 30 novembre 2010/REUTERS/Charles Platiau - -

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux doit être écarté de ses fonctions après sa condamnation pour violation de la...

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux doit être écarté de ses fonctions après sa condamnation pour violation de la présomption d'innocence dans l'affaire Bettencourt, a estimé dimanche Laurent Fabius.

L'ancien Premier ministre socialiste a joint au micro d'Europe 1 sa voix à celle du porte-parole du PS Benoît Hamon.

"Je crois que, dès maintenant, il y a un problème de crédibilité", a-t-il dit. "Il devrait en tirer les conséquences lui-même ou le président de la République" devrait le faire.

Brice Hortefeux a été déclaré coupable vendredi à Paris de "violation de la présomption d'innocence" d'un magistrat qu'il accuse d'avoir informé la presse dans le dossier Bettencourt.

Le tribunal l'a condamné à verser un euro symbolique de dommages et intérêts et 3.000 euros de frais de procédure à ce plaignant, David Sénat, ex-conseiller au cabinet de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie.

L'avocat du ministre a annoncé son intention de faire appel et le ministre de l'Intérieur a balayé ces demandes de démission dans une interview publiée dimanche par Le Parisien.

"Il en demande une chaque semaine", a-t-il dit à propos de la requête de Benoît Hamon.

Il s'agit de la seconde sanction judiciaire prononcée contre Brice Hortefeux. Il avait été frappé de 750 euros d'amende en juin dernier pour injure raciste envers un militant maghrébin de l'UMP, sanction dont il a fait appel.

David Sénat reprochait au ministre des propos tenus le 17 octobre lors de l'émission Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, lui imputant une violation du secret professionnel.

Le ministre avait déclaré: "(Une) vérification a confirmé qu'un haut fonctionnaire, magistrat, membre de cabinet ministériel, ayant donc accès à des documents précisément confidentiels, alimentait selon ces sources, vérifiées, un journaliste sur des enquêtes. Je dis que ça tombe sous le coup du non-respect du secret professionnel".

Le magistrat est soupçonné d'avoir remis au journal Le Monde un procès-verbal d'audition effectuée dans l'affaire visant l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt et l'ex-ministre UMP du Travail Eric Woerth.

Juste avant le jugement de ce litige, David Sénat a été placé mercredi et jeudi en garde à vue à la police, sans suites judiciaires immédiates, dans l'affaire de violation du secret professionnel où le ministre le considère comme coupable.

Yves Clarisse

REUTERS