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Hypnose: "Cela s'adresse à une partie plus intérieure de moi"

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- - Flickr/CC/Shona Na.

L'hypnose, c'est une pratique qui séduit de plus en plus de Français. Loin des clichés sur les pendules, on est là sur une vraie pratique médicale.

Dans le cabinet de Marie-Agnès Chauvin, Marion est venue se faire hypnotiser avant un entretien d'embauche plutôt stressant le lendemain. L'hypnothérapeute est assise sur un fauteuil, son chat sur les genoux. En face d'elle, Marion, les yeux fermés, semblent assoupie. Son hypnothérapeute lui parle, doucement.

"C'est apaisant"

Au bout d'une vingtaine de minutes, la séance se termine et Marion rouvre les yeux: "Au début c'est quelque chose qui me faisait un peu peur parce que j'avais l'impression de perdre la maîtrise de ce que j'étais. Or, ce n'est pas du tout le cas, je reste consciente. Elle s'adresse juste à une partie plus intérieure de moi. C'est comme si on parlait au petit enfant à l'intérieur de nous, c'est apaisant".

Ici, certains viennent pour arrêter de fumer, d'autres pour perdre du poids, ou encore lutter contre leur phobies, ou contre leur stress. Marie-Agnès Chauvin utilise cette technique depuis 10 ans: "Ce que je trouve absolument génial avec cette technique, c'est que contrairement à ma formation de psychologue où l'on cherche à interpréter, là je n'interprète plus rien. Le propos n'est pas de comprendre pourquoi la personne en est arrivée là, c'est de l'aider à aller chercher en elle-même les ressources qu'elle a pour s'en sortir toute seule". 

"Des confusions entre des niveaux de compétence différents"

Mais pour Claude Virot, médecin psychiatre, hypnothérapeute et président de la société internationale d'hypnose, il faut que cette pratique soit plus réglementée: "Malheureusement en France, la situation fait qu’avec une formation extrêmement légère – de quelques jours, parfois quelques semaines- des gens qui n’ont pas de formation médicale initiale vont pouvoir prétendre pratiquer de l’hypnose pour soigner des gens. De l’autre côté, on a des professionnels de santé qui vont faire une formation complémentaire d’hypnose, et ça créé une confusion entre des niveaux de compétence extrêmement différent".

En attendant, le 20e Congrès mondial d'hypnose s'est ouvert ce mercredi. Jusqu'à samedi, près de 2.500 professionnels vont se rendre au Palais des congrès pour suivre l'évènement. Ils vont échanger sur cette pratique qui séduit de plus en plus de Français. 56 pays seront représentés.

La rédaction avec Marie Régnier