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Impôts locaux: l'incompréhension des retraités modestes

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La polémique sur la taxe foncière et la taxe d'habitation sur les petites retraites enfle. Le gouvernement appelle les retraités modestes à oublier ces avis d'imposition et affirme que ceux qui ont déjà payé seront remboursés, mais dans les centres d'impôts, les retraités sont un peu perdus...

Ils ont eu la surprise de recevoir dans leur boîte aux lettres un avis d'imposition de taxe foncière ou de taxe d'habitation, alors qu'ils en étaient exonérés en 2014. 250 000 personnes sont concernées.

Si ces citoyens sont soudainement devenus des contribuables, c’est en raison de la disparition de la "demi-part des veuves". En 2008, la droite avait décidé de faire disparaître cette demi-part graduellement jusqu’en 2013. Une décision sur laquelle la gauche n’est jamais revenue.

Dimanche, le ministère des Finances leur dit de ne pas payer leurs impôts locaux. De leur côté, les centres des impôts n'ont pas beaucoup d'information à leur donner. Françoise ne sait pas si elle doit payer ou non: "ça fait trois ans que je ne paie pas de taxe d'habitation, et j'en ai reçu une cette année, je suis très étonnée. J'ai appelé le centre des impôts mais ça ne répond pas, on a vu sur les journaux qu'il ne fallait pas payer, mais ça m'ennuie si jamais on doit payer une majoration".

870 euros de taxe, 510 euros de retraite

Nadia, 70 ans, est tout aussi déboussolée: "J'ai une taxe d'habitation de 870 euros à payer, je touche tous les mois 510 euros de retraite, j'aimerais avoir une explication".

Quand elle ressort du centre des impôts, elle ne sait toujours pas si elle doit ignorer l'avis d'imposition, ou si elle doit payer, quitte à être remboursée plus tard: "Ils m'ont dit qu'ils ne savaient pas, qu'ils attendaient la réponse du Premier ministre… Je suis une personne droite et je n'aime pas avoir de problème de fiscalité".

Des agents débordés, qui n'ont pas réponse claires à apporter aux contribuables. Une situation que regrette beaucoup Vincent Drezet, secrétaire général du syndicat Solidaires finances publiques: "Lorsqu'il y a des couacs, il y a un surcroît de demande de la part des contribuables, ce qui est parfaitement compréhensible car ils ne savent pas comment procéder, s'ils sont concernés ou pas. C'est effectivement lourd à gérer pour les agents et c'est un peu anxiogène pour tout le monde".

Pour mettre un peu de clarté dans le dispositif, il attend maintenant avec impatience la loi qui devra entériner cette exonération d'ici la fin de l'année.

La rédaction avec Marie Régnier