RMC

Incendie mal éteint à Cintray (Eure): quand la commune se retourne contre les pompiers

La commune de Cintray poursuit en justice les pompiers (illustration)

La commune de Cintray poursuit en justice les pompiers (illustration) - AFP

La commune de Cintray (Eure), tenue pour responsable d'un incendie mal éteint, a été contrainte d'augmenter de 20% les impôts locaux pour rembourser une compagnie d'assurance et d'attaquer en justice les pompiers.

Le village de Cintray est en ébullition. C'est une affaire peu banale qui secoue cette petite commune de l'Eure. Tout a débuté il y a neuf ans, le 31 janvier 2006, lorsqu'un incendie détruit une maison. Dépêché sur place, le Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) maîtrise l'incendie et quitte les lieux. Mais quelques heures plus tard, les flammes reprennent et réduisent la maison en cendres.

"C'est gênant"

Les assurances remboursent les 370.000 euros de dégâts à la victime avant de se retourner contre la commune de Cintray qui sera condamnée à lui rembourser la totalité de la somme. Pour faire face à cette dépense exceptionnelle, la municipalité a dû augmenter les impôts de 20% dès cette année. Son seul moyen de s'en sortir aujourd'hui est de se retourner contre les pompiers. Une décision qui fait parler les habitants du village.

"Je trouve ça honteux alors que nous on y est pour rien", déclare sur RMC Ludivine qui ne veut donc pas payer pour les erreurs des autres. Pourtant dès que la responsabilité des pompiers est évoquée, il y a comme un malaise: "C'est gênant parce que les pompiers sont quand même là pour sauver des vies donc s'en prendre à eux c'est un peu dégueulasse, mais sinon c'est nous qui payons donc…"

"Il y a une faute professionnelle"

David, un ancien pompier volontaire de Cintray, a moins d'état d'âme: "Dans cette histoire, il y a une grande responsabilité du SDIS d'Evreux car les pompiers n'ont pas laissé de planton de sécurité sur les lieux. En tant qu'ancien pompier, je pense donc qu'il y a une grosse faute professionnelle". Il a fallu que la commune soit au pied du dur pour que le maire Jean Bouché se décide enfin à poursuivre en justice les pompiers.

"Moralement, je n'ai pas cet instinct d'attaquer des pompiers car ce sont quand même des gens qui rendent service. Mais dans le cas d'une faute professionnelle des pompiers, si la commune ne les poursuit pas en justice, c'est la commune qui devient responsable". Le tribunal de Rouen décidera qui réglera la note le 15 octobre prochain.

M.R avec Marion Dubreuil