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Incidents en Corse: "J'ai peur qu'il y ait un nouvel incident grave", dit Talamoni

De nouveaux incidents ont éclaté en Corse, mardi soir, entre une centaine de jeunes nationalistes et les policiers. Invité ce mercredi de Jean-Jacques Bouridn, le président de l'assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a annoncé qu'il allait rencontrer les syndicats étudiants dans la journée "pour les appeler à l'apaisement".

La tension ne retombe pas en Corse, au contraire. Trois jours après des heurts entre supporters corses et policiers en marge d'un match Reims-Bastia, qui a abouti à la blessure d'un supporter, de nouveaux incidents ont éclaté sur l'île mardi soir. Comme la veille, une centaine de jeunes nationalistes ont affronté les forces de l'ordre à Corte. Dimanche, c'était à Bastia.

Invité ce mercredi de Jean-Jacques Bourdin, le président de l'assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a annoncé qu'il allait "rencontrer l'ensemble des syndicats étudiants" dans la journée "pour les appeler à l'apaisement, et faire en sorte qu'il n'y ait plus de contacts avec la police". La nationaliste a fait part de sa peur "d'un nouvel incident grave". Les étudiants et lycéens sont en effet en pointe dans ce mouvement de colère. Selon Corse Matin, une soixantaine de lycéens ont bloqué mardi la circulation à l'entrée sud de Bastia puis ont manifesté dans le centre-ville. A Corte, où se trouve l'Université de Corse, les syndicats étudiants nationalistes avaient décrété une journée "Université morte".

"Il y a eu un certain nombre de maladresses"

"Le problème c'est qu'il y a eu un certain nombre de maladresses dans la communication du parquet notamment, poursuit Jean-Guy Talamoni. On a d'abord nié l'utilisation d'un flashball, puis on l'a ensuite reconnu. Tout ça met une ambiance un peu particulière. Il y a une version officielle qui tarde à être claire. Avec Gilles Simeoni (président de la collectivité territoriale de Corse), nous avons demandé au gouvernement que la lumière sur cette affaire soit faite au plus vite parce qu'il y a une tension qui s'installe et qui nous inquiète énormément".

Mardi sur BFMTV, Gilles Simeoni avait déjà mis en doute la "version officielle" de l'affaire et demandé "une enquête impartiale pour savoir comment les choses se sont passées", énumérant même les éléments qui, selon lui, "tendent à accréditer la thèse d'un tir délibéré (de flash-ball) dans des conditions irrégulières et non conformes aux exigences de la réglementation en la matière".

"Des incidents à répétition lors des déplacements des équipes corses"

"Les autorités doivent être exemplaires, a ajouté Jean-Guy Talamoni sur RMC. Nier l'évidence ne va jamais dans le sens de l'apaisement. Il faut reconnaître sa faute car on va vers des incidents encore plus graves peut-être".

Enfin, concernant le refus du SC Bastia d'avancer l'horaire de son match samedi contre Nantes, comme le réclame la Ligue de football professionnel, Jean-Guy Talamoni s'en est remis aux dirigeants du club, rappelant toutefois, selon lui, que "tous les clubs signalent des incidents à répétition lors des déplacements des équipes corses".

Philippe Gril avec JJ. Bourdin et AFP