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Insécurité à Marseille: "A un moment donné ça va exploser…"

Invitée de Jean-Jacques Bourdin ce mardi, Samia Ghali, maire socialiste des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille où se situe la cité de La Castellane, est revenue sur les coups de feu qui ont visé des policiers en marge du déplacement de Manuel Valls dans la cité phocéenne.

La cité de La Castellane, dans les quartiers nord de Marseille, a vécu une journée plus que mouvementée ce lundi. En effet, des policiers ont été visés par des tirs de Kalachnikov à la mi-journée, juste avant un déplacement de Manuel Valls, venu pour dresser un bilan de la lutte contre la délinquance dans le département. "C'est lorsque le directeur départemental de la police est arrivé sur place qu'il a essuyé des rafales de Kalachnikov", explique ce mardi sur RMC Samia Ghali, maire des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille, où se situe la cité.

La sénatrice des Bouches-du-Rhône estime qu'il s'agit "d'un état de guerre". Car "ils avaient tous des armes en bandoulières, des gilets pare-balles, habillés comme des membres des forces de l'ordre. C'était le GIGN des quartiers !" S'en est suivi un quasi-état de siège de la cité de La Castellane comme l'indique Samia Ghali. "Les enfants de l'école ont été obligés de se réfugiés à l'intérieur, ceux sortis au cinéma n'ont pas pu sortir, les parents n'ont pas pu récupérer leurs enfants, les habitants ne pouvaient ni entrer, ni sortir de chez eux. Malheureusement, pour moi, cela s'appelle une situation de guerre", détaille-t-elle dans Bourdin Direct.

"La situation a empiré"

Los de sa visite, Manuel Valls a annoncé une baisse de 30% des vols à mains armées, une diminution de 20% des violences physiques, des règlements de comptes en baisse (10 morts en 2014 contre 18 en 2013). Mais pour Samia Ghali, la réalité est toute autre: "Dans le nombre de morts, on ne compte pas les disparus. Aujourd'hui vous avez beaucoup de mamans qui ne savent pas où sont leurs enfants. Et je peux vous dire qu'ils ne sont pas allés au jihad mais ils sont peut-être dans un endroit que personne ne connaît et peut-être pas vivants…"

En août 2012, la sénatrice socialiste réclamait l'armée pour éradiquer la violence dans Marseille. Aujourd'hui, elle ne dit pas autre chose car rien n'a changé, l'insécurité perdure. "La directrice de l'école de La Castellane est menacée de mort, l'école a été brûlée en représailles contre les enseignants", assure-t-elle sur RMC avant d'estimer que "la situation a même empiré".

"C'est inacceptable"

Au-delà de l'armée, quelles solutions prône-t-elle? "Cela fait des années que je dis qu'il faut désenclaver, casser La Castellane, créer des voies pour que la police puisse pénétrer dans la cité. Avec 8 000 habitants, c'est une véritable ville en soi et laisser une ville aux mains d'une poignée de jeunes, c'est inacceptable, insupportable", s'emporte l'élue du 8ème secteur de Marseille. Et de mettre en garde: "A un moment donné ça va exploser et quand ça sera le cas plus personne ne pourra revenir en arrière. Il faut que les habitants s'arment eux-mêmes? Se fassent justice eux-mêmes? C'est ça qu'on attend?"

Face à ce terrible constat, Samia Ghali épingle le comportement de certains élus locaux: "A force de faire semblant de ne pas voir ce qui se passe, c'est le meilleur moyen de ne pas répondre à la demande… Moi j'ai peur de certains politiques tellement ils sont à côté de la plaque. Moi j'ai donné des solutions mais elles sont où ? Rien est fait car il y a des élus qui s'en foutent complètement, qui ne prennent pas à bras-le-corps la question. Sauf que dans ces cités, on n'a pas le temps, on vit dans la misère, la peur, dans le terrorisme car ces jeunes terrorisent la population"


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Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin