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Intempéries dans le Var: "Ce n'était plus une rivière mais un torrent déchaîné"

La Londe-les-Maures a été particulièrement touchée par les intempéries

La Londe-les-Maures a été particulièrement touchée par les intempéries - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Une femme a été retrouvée morte et trois personnes, dont une mère et sa fille, étaient toujours portées disparues vendredi matin à La Londe-les Maures (Var) après de violentes intempéries, selon la préfecture du département. RMC a recueilli les témoignages de nombreux rescapés.

Inondations meurtrières. Dans le Var, le corps d’une femme de 68 ans a été retrouvé à Londe-les-Maures, entre Hyères et le Lavandou, après avoir été emporté par une rivière. Ce vendredi matin, trois personnes, dont une mère et sa fille, sont toujours portées disparues. Sur place RMC a recueilli le témoignage de de Jackie, une réfugiée, qui comme des dizaines de personnes a trouvé refuge dans la salle des fêtes de la ville. Elle était là quand la voiture de la femme de 68 ans retrouvée morte a été engloutie par les flots.

"J'avais de l'eau jusqu'au nombril"

"Cela s'est passé au bord de la rivière… Il y avait un torrent furieux qui n'arrivait même pas à passer sous les arches du pont… L'eau dépassait les arches et c'est là qu'on a vu une voiture passer… Les pompiers et les secouristes nous ont alors dit qu'à l'intérieur il y avait une dame. Je suppose qu'elle a fait des signes désespérés pour être secourue mais malheureusement elle a été avalée par les flots. Nous, au moment où nous l'avons vu, on ne voyait plus que le derrière de la voiture…" raconte-t-elle, encore sous le choc. Et d'assurer : "Personne ne pouvait y aller dans cette rivière qui d'ailleurs n'en était plus une. C'était un torrent déchaîné".

Pour rappel, la Londe-les-Maures avait déjà été touchée par des intempéries catastrophiques le 19 janvier dernier. Certains habitants revivent donc les mêmes scènes de désolation. C’est le cas de Denise qui fait partie des dizaines de personnes à avoir trouvé refuge dans la salle des fêtes de la ville. Elle a quitté précipitamment sa maison hier après-midi : "Quand je me suis sauvée, il tombait des seaux d'eau. Je suis partie avec mes deux chiennes mais je n'ai pas pu prendre mon nouveau petit chat que je venais d'adopter… Je suis retournée le chercher dans la soirée, j'avais de l'eau jusqu'au nombril".

"C'est amené à recommencer…"

Avant de passer la nuit dans la salle des fêtes, Denise est donc retournée chez elle. Elle n'a pu que constater les dégâts : "Quand j'ai ouvert la porte, il y a une vague qui est sortie… Il y a un mètre d'eau dans ma maison, le frigo est en travers, les gamelles se baladent dans la maison…" Pour elle, pas de doute : "C'est un nouveau 19 janvier, c'est atroce, atroce".

Déjà durement touchée à ce moment-là, Denise le jure : cette fois, c'est la dernière. "On a connu l'enfer le 19 janvier et on le revit aujourd'hui… Nous avions refait la chambre, les placos, le carrelage et on n'avait même pas fini les joints… Mais là c'est la dernière fois. On va partir, je sais même pas si on va refaire les travaux, on va laisser ça comme ça et essayer de trouver autre chose ailleurs". D'autant plus que, fataliste, elle en est persuadée :"C'est amené à recommencer…"

Maxime Ricard avec Lionel Dian