RMC

4 milliards d'humains sur Terre en 2100 contre 8 milliards aujourd'hui: est-ce vraiment possible?

La population mondiale pourrait diminuer de moitié d’ici l'année 2100. C’est la conclusion très surprenante d’une étude de la banque HSBC qui prévoit un effondrement de la natalité mondiale.

Vers une planète Terre moitiée moins remplie d'humains d'ici 2100? Ce qui est sûr, c’est que dans quelques semaines, en novembre, le cap des 8 milliards d'êtres humains sera franchi alors que nous n'étions que 3 milliards en 1960. C’est une folle accélération: 5 milliards de plus en 60 ans seulement. C’est l’ONU qui l’a annoncé en juillet dernier, en même temps que différents modèles pour la suite. Le modèle moyen, c’est que la population de la planète va continuer à augmenter mais moins vite avec le cap des 9 milliards qui serait atteint dans 15 ans, puis les 10 milliards 20 ans après, vers 2060.

Puis, la population mondiale pourrait cesser de croître. L'hypothèse moyenne prévoit une population qui se stabiliserait autour de 10 milliards vers la fin du siècle avant de commencer à redescendre. Un scénario qui est aujourd’hui remis en cause.

L’étude des économistes de la banque anglaise HSBC prévoit une baisse beaucoup plus rapide. Le pic de la population serait atteint, non pas vers la fin du siècle, mais dans 20 ans seulement. Et dès 2050 nous pourrions commencer à être moins nombreux. Et, après plusieurs décennies de baisse constante, la population mondiale serait divisée par deux pour revenir à 4 milliards d’habitants. C’est à dire le niveau de 1975. Ce serait, plus rapidement que prévu, la fin du spectre de la surpopulation terrestre.

Avec la baisse de la natalité déjà amorcée, l'Italie passerait de 60 à 31 millions d’habitants en 2070

C’est donc la baisse de la natalité qui explique cette chute de la population. Dans le monde entier, les femmes vont faire moins d’enfants, beaucoup moins d'enfants. La fécondité moyenne était de 5 enfants par femmes en 1950. Aujourd’hui moitié moins, c’est 2,3 enfants par femme et l’ONU prévoit une baisse lente et régulière. Mais, encore une fois, des études récentes, pas seulement celle d’aujourd’hui, évoquent l'hypothèse d'une chute beaucoup plus rapide.

Dans les pays les plus riches, le mouvement est amorcé depuis longtemps. L'accès généralisé des femmes au monde du travail en est la raison principale. L'Europe pourrait perdre la moitié de sa population avant 2070. La France ne serait pas, et de loin le pays le plus touché, elle compterait alors 62 millions d’habitants contre 70 millions au pic. La baisse serait beaucoup plus spectaculaire en Europe de l’est et du sud. En Pologne, en Roumanie, en Bulgarie... En Italie, par exemple, la crise démographique est déjà là. La population baisse malgré une forte immigration. Et l'Italie pourrait passer, selon les scénarios les plus pessimistes, de 60 à 31 millions d’habitants. Ce ne serait plus le même pays.

C’est surtout en Chine que tout va se jouer

En Chine, la baisse de la population commence maintenant et la question, c’est de savoir à quel rythme. L’ONU prévoyait que la Chine allait perdre 100 millions d’habitants d’ici 2050. Les nouvelles études parlent de 230 millions de Chinois en moins à cette même date, et de la population chinoise reduite de moitié à la fin du siècle, passant à 700 millions seulement.

Tout cela parce que les Chinois sont de plus en plus riches. Et plus on est riche, moins on fait d’enfants. La fin de la politique de l’enfant unique en 2015 n’a pas permis d'inverser la tendance.

Une bonne ou une mauvaise nouvelle

Le seul continent qui va continuer à voir sa population fortement augmenter, c’est l’Afrique. Et donc la part de la population africaine dans le monde ne cessera de se renforcer. Avec, explique l’étude d’HSBC, un nombre élevé de jeunes africains qu’il va falloir intégrer dans le monde du travail. Sur place et dans les pays développés en manque de main-d’oeuvre.

Finalement, cette forte baisse annoncée de la population, c’est sûrement une bonne nouvelle pour la planète. Pour lutter contre le réchauffement climatique, pour atténuer les pénuries qu’on nous annonce. Mais la baisse de la natalité, ça veut surtout dire le vieillissement de la population. En Italie par exemple, l'âge moyen va dépasser 50 ans avant 2050. Il y aura alors tous les ans deux fois plus de décès que de naissances. On sera moins nombreux, mais, en Europe surtout, on vivra entre vieux.

Nicolas Poincaré (édité par J.A.)