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Alep: "Nous avons peur des exécutions, des tortures, de tout"

Un accord de cessez-le-feu a été trouvé mardi pour permettre l'évacuation d'Alep, mais les habitants de la ville craignent toujours les exactions de l'armée de Bachar al-Assad. L'évacuation de la ville a été repoussée affirmait ce mercredi l'Observatoire syrien des Droits de l'homme.

Alep bientôt évacuée? Les rebelles et les civils qui le souhaitent attendaient toujours d'être évacués après un accord conclu sous la houlette de la Russie et de la Turquie, une opération qui marquera la fin de plus de quatre ans de rébellion dans la deuxième ville de Syrie.

Amar Salmo est un des derniers secouristes d'Alep, un casque blanc. Il espère pouvoir sortir indemne: "Nous sommes en danger, personne ne peut nous dire ce que le régime va faire. Nous avons peur des exécutions des tortures, de tout".

"Il n'y a plus rien à Alep-Est"

Près de 80.000 personnes au total devraient quitter Alep Est, des civils qui ne peuvent plus survivre dans leur quartier coupé du monde. Abou Ali est ambulancier pour l'ONG Syria Charity: "Il n'y a plus rien, plus de médicaments, plus d'antibiotiques, même pas traitement pour un rhume. Il n'y a plus rien à Alep-Est".

Ces secouristes vont donc partir vers l'ouest, quitter leur ville Alep. Un départ difficile pour eux: "Nous sommes tellement déçus. On va quitter nos maisons parce que rester est considéré comme un délit. Voilà ce que le monde nous a fait".

Au moins 82 civils, dont des femmes et des enfants, ont été exécutés ces deux derniers jours par l'armée et des miliciens proches du régime d'Assad.

P.B. avec Céline Martelet