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Bataille de Mossoul: "Les jihadistes laissent des mines dans les Corans des maisons"

L'offensive de Mossoul continue. Et l'Etat islamique cède du terrain en laissant des mines derrière lui. Céline Martelet, notre envoyée spéciale, a rencontré Ali Ouichar expert en déminage depuis 27 ans.

Les forces irakiennes et les combattants kurdes progressent toujours lentement vers Mossoul. Les deux armées doivent faire face à un danger quasi invisible lorsqu’elles entrent dans une ville : les mines. Avec les voitures piégées, c’est l’autre arme de l’Etat Islamique. Les jihadistes en ont laissé partout dans les villes et villages qu’ils ont occupés pendant 2 ans. Des mines qui continuent à blesser ou tuer après leur départ.

Les Irakiens et les Kurdes ont leurs experts en déminage. Ali Ouichar est l'un d'eux. Il est démineur depuis 27 ans. Il marche avec une canne à la main: "J’ai perdu mes deux jambes à cause des mines. La première en 1989 sous Saddam Hussein, la deuxième en 1994".

Ses jambes sont donc des prothèses. Le démineur a déjà désamorcé des dizaines de mines de l’Etat islamique: "Ils mettent leurs mines dans les Corans des maisons, il les cachent même dans les kalachnikovs qu’ils abandonnent face aux peshmergas".

"Un jihadiste est venu faire exploser sa voiture piégée à 100 mètres de moi"

Depuis le début de l’offensive Ali Ouichar intervient chaque jour. Sur le front, tous les combattants veulent être pris en photo avec lui. C'est un héros, une légende, qui frôle la mort tous les jours: "Hier en pleine intervention, un jihadiste est venu faire exploser sa voiture piégée à 100 mètres de moi. J’ai eu de la chance".

Ali Ouichar a été appelé en renfort vers Baterla, petite ville chrétienne, à une quinzaine de kilomètres de Mossoul, les peshmergas ont trouvé sur place une mine qu’il n’avait jamais vu auparavant.

P.B. avec Céline Martelet