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Covid: en Chine, un vent de révolte contre les restrictions

Plusieurs manifestations ont éclaté en Chine, alors que le pays poursuit sa politique de restrictions face à Covid. Face à une augmentation des cas ces dernières semaines, les autorités ont repris les confinements malgré le ras-le-bol de la population.

La politique du zéro Covid en Chine semble atteindre ses limites. La population de plusieurs grandes villes a manifesté son ras-le-bol des confinements et des restrictions. Le mouvement de colère le plus spectaculaire a eu lieu mercredi dans la plus grande usine du monde de fabrication d’Iphone.

Elle est située à Zhengzhou, dans la province du Hénan. Elle emploie entre 200.000 et 300.000 personnes, la plupart logées sur place dans des dortoirs. Depuis le mois dernier, l’usine est confinée à cause d’une augmentation du nombre de cas de Covid. Un certain nombre d’employés ces derniers jours ont réussi à s'enfuir du site, mais mercredi de violents incidents ont éclaté.

Des images publiées sur les réseaux sociaux ont montré des ouvriers face à des policiers anti-émeute et face à des hommes en tenues blanches de protection. Sur des vidéos, on voit des hommes avec le visage en sang, on entend crier: “Attention, ils frappent les gens !” On voit aussi que les cabines qui servent au dépistage du Covid ont été détruites par des manifestants.

Difficile de savoir précisément ce qui a déclenché cette révolte. Il est question d’une prime qui a été supprimée. On évoque aussi les conditions de vie dues au confinement. On parle aussi du fait que des employés positifs au Covid auraient continué de travailler pour faire face à la forte demande d’Iphone 14 à quelques semaines des fêtes.

Mais en tout cas, c’est bien à une révolte sur fond de Covid à laquelle on a assisté. Une révolte rarissime dans les usines chinoises. Et cela au moment où la ville de Pékin se reconfine. Les autorités viennent d'annoncer la fermeture de toutes les écoles et des magasins non essentiels dans certains quartiers de la capitale. Et dimanche, les employeurs ont reçu pour consigne de mettre en télétravail un maximum de leur employé. Les parcs et les musées ferment ce jeudi. Et le test PCR de moins de 48 heures redevient obligatoire pour entrer dans les bâtiments publics.

Sans parler des immeubles ou des quartiers où l’on applique un strict confinement. Cela représente plusieurs centaines de milliers de Pékinois qui sont enfermés chez eux. C’est un retour en arrière décidé à cause d’une augmentation des cas.

Trois décès à Pékin

Mardi, on a comptabilisé 1.200 personnes testées positives pour 22 millions d’habitants à Pékin. Ce qui est très très peu par rapport à ce qui se passe en Europe, mais ce qui est le record depuis le début de la pandémie. De même, la ville de Pékin vient d'enregistrer trois décès de personnes âgées. Officiellement, ce sont les premiers morts depuis le mois de mai dernier. D'où ce nouveau tour de vis.

La Chine est le dernier pays qui pratique la politique du zéro Covid, le dernier pays qui continue à strictement confiner des millions d’habitants, à littéralement les enfermer chez eux, comme jamais nous n’avons, nous, été enfermés. C’était encore le cas au printemps à Shanghai. A Canton, des manifestations anti-confinement ont eu lieu récemment.

Les autorités, qui sentent la lassitude monter, avaient annoncé le 11 novembre une réduction significative des restrictions. La durée des quarantaines avait été réduite, les tests PCR obligatoires étaient moins systématiques. Mais cet assouplissement n’aura pas duré longtemps. Face à l'augmentation des cas, retour à la stricte politique avec le quasi-confinement de Pékin qui se met en place en ce moment.

Il faut dire que ce choix du zéro Covid a personnellement été fait par le tout puissant président Xi Jinping, au tout début de la pandémie, et il n ‘est pas question pour le moment de le remettre en cause. Même si les Chinois découvrent ces jours-ci qu’ils sont les seuls à poursuivre cette politique. Ils regardent à la télé le Mondial au Qatar. Et ils voient bien que les supporters du monde entier viennent dans les stades sans masque, ce qui serait inconcevable chez eux.

Nicolas Poincaré