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En Irlande du Nord, la possibilité du Brexit ravive les tensions

Pour les nationalistes qui souhaitent que les Britanniques qui l'Irlande, le Brexit représente une occasion pour un nouveau départ.

Theresa May espère toujours trouver une solution avant les Européennes. Mais jeudi, la date de sortie de l’Union européenne pour le Royaume-Uni a une nouvelle fois été repoussée au 31 octobre

Un débat qui semble sans fin et qui pourrait être un accélérateur de tensions. En effet, beaucoup craignent que le divorce avec l’Union européenne ne fragilise l’accord de paix signé avec l'Irlande en 1998. 

À Londonderry, en Irlande du Nord, certains partis nationalistes assument une position très engagée. C’est le cas du parti du Saoradh. Dans les locaux, chants révolutionnaires, fresques et slogans hostiles aux Britanniques recouvrent les murs. "On veut les renvoyer, tous. Renvoyer tous les Britanniques de l’Irlande", affirme Patrick Gallagher, porte-parole du Saoradh. Selon lui, le Brexit, c’est l’occasion d’un nouveau départ pour l’Irlande. 

"C’est une opportunité pour l’Irlande. Le Brexit a rappelé à tout le monde que le pays est toujours sous occupation britannique. Il y a un parfum de révolution. Je ne suis pas à l’aise avec la violence, mais je comprends pourquoi elle est utilisée. Les violences sont des actes de résistance", précise-t-il. 

L'Europe comme ciment de la paix?

Sur les hauteurs de la ville, un quartier est grillagé et séparé du reste de la ville par un mur. C’est ici que vivent les Britanniques protestants. Jeanette Warke a fondé un foyer, le Cathedral Youth Club, pour créer du lien entre les deux communautés, mais elle assure avoir vu les tensions remonter. Pour elle, le mur n’est pas prêt de tomber. "Je ne vois pas encore ça arriver dans le futur. Les gens ne sont pas encore prêts à voir le mur tomber, ils se sentent probablement en sécurité de chaque côté et on doit prendre en compte leur peur", explique-t-elle. 

Pour l’instant l’accord de paix, signé il y a 21, tient. Et c’est en partie grâce à l’Europe selon l’historien Patrick Phinnemore.

"Une grande partie du processus de paix a été construite sur le fait que le Royaume-Uni et l’Irlande font partie de l’UE et si vous remettez en cause les textes, les gens verront à nouveaux une réelle division sur l’île", affirme-t-il. 

Preuve de la fragilité de cette paix, en janvier dernier une bombe a explosé devant le tribunal de Londonderry. 

Rémi Ink et Romain Poisot avec Guillaume Descours