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Guerre en Ukraine: bombardements, entrée de blindés... ce que l'on sait de l'opération militaire russe

Des opérations militaires d'envergure ont débuté ce jeudi en Ukraine, alors que l'armée russe attaque la frontière ukrainienne terrestre et dit avoir détruit les forces anti-aériennes ukrainiennes.

Une guerre a débuté ce jeudi 24 février 2022. La Russie a annoncé avoir lancé une opération militaire d'envergure en Ukraine après des semaines de tensions.

  • L'annonce surprise de Vladimir Poutine

"J'ai pris la décision d'une opération militaire spéciale". Vladimir Poutine a fait une annonce surprise à la télévision russe dans la nuit de mercredi à jeudi.

"Nous nous efforcerons d'arriver à une démilitarisation et une dénazification de l'Ukraine", a dit le maître du Kremlin assis à un bureau en bois sombre, promettant de conduire "au tribunal ceux qui ont commis de nombreux crimes, responsables de l'effusion de sang de civils, notamment des citoyens russes".

"Nous n'avons pas dans nos plans une occupation des territoires ukrainiens, nous ne comptons imposer rien par la force à personne", a-t-il assuré, appelant les militaires ukrainiens "à déposer les armes".

Puis, il s'est adressé à ceux "qui tenteraient d'interférer avec nous". Ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et conduira à des conséquences que vous n'avez encore jamais connues". Aucune précision en revanche sur la portée et la durée de cette intervention.

Dans une adresse à la nation, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a proclamé la loi martiale dans tout le pays. "Pas de panique", "nous allons vaincre", a-t-il affirmé.

  • Des bombardements dans plusieurs villes, pas que dans l'Est

Des explosions ont été entendues à plusieurs endroits de l'Ukraine, sur l'ensemble du territoire et pas exclusivement dans la région Est du Donbass contestée. Les sirènes d'avertissement anti-bombardement ont retenti jeudi matin vers 7h00 dans le centre de Kiev, la capitale de l'Ukraine. Dans la capitale, au moins deux explosions ont été entendues dans le centre-ville tôt le matin, suivies de sons de sirènes d'ambulances.

A 600 km de là, au sud de l'Ukraine, dans la ville portuaire d'Odessa, sur la mer Noire, des explosions ont aussi retenti. Kharkiv, deuxième ville du pays située près de la frontière russe, était aussi frappée.

Dans la ville portuaire de Marioupol, plus grande ville ukrainienne proche de la zone de front avec près d'un demi-million d'habitants, plusieurs personnes ont indiqué à l'AFP entendre des bombardements d'artillerie depuis le quartier situé dans l'est de la ville. 

Plus près du front du conflit de l'est opposant depuis huit ans séparatistes prorusses et forces ukrainiennes, à Kramatorsk, ville qui sert aussi de quartier général à l'armée ukrainienne, au moins quatre explosions puissantes ont également été entendues.

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  • Des blindés russes sont entrés en Ukraine

L'Ukraine a été attaquée par la Russie le long des frontières russe et bélarusse et depuis la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014.

"La frontière d'Etat ukrainienne a été attaquée par des troupes russes depuis la Russie et le Bélarus. Des attaques sur les unités aux frontières et les points de contrôle se font avec usage d'artillerie, d'équipements lourds et d'armes légères", selon un communiqué des garde-frontières ukrainiens, qui ont ensuite annoncé que des forces terrestres russes sont ensuite entrées sur le territoire ukrainien. 

"Des véhicules militaires russes, y compris des blindés, ont violé la frontière dans les régions de Tcherniguiv (nord, frontière bélarusse), Soumy (nord-est, frontière russe), Lougansk et Kharkiv (est, frontière russe)" par le point de passage entre la péninsule et la partie continentale de l'Ukraine, ont indiqué les garde-frontières en publiant une vidéo sur laquelle on voit des véhiculés marqués de la lettre Z. 

  • Les premiers bilans humains et militaires

Au moins 40 soldats et une dizaine de civils ont été tués jeudi aux premières heures de l'invasion russe de l'Ukraine, a annoncé à la presse un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. "Je sais que plus de 40 militaires ukrainiens ont été tués et plusieurs dizaines blessés et il est question d'une dizaine de civils tués", à travers le pays, a déclaré Oleksiy Arestovych. Ces pertes sont causées par des frappes aériennes et de missiles jeudi matin, a-t-il précisé.

L'armée ukrainienne a affirmé avoir tué une cinquantaine "d'occupants russes" dans la région de Lougansk (est). "Le 24 février, près de 50 occupants russes ont été liquidés près de la localité de Chtchastia", dans l'est de l'Ukraine, a assuré l'état-major de l'armée ukrainienne dans un communiqué. Le terme "d'occupant russe" peut désigner tant les soldats russes que les combattants séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine. 

Au niveau militaire, l'armée ukrainienne a affirmé avoir abattu dans l'est du pays cinq avions et un hélicoptère de l'armée russe. L'armée russe a affirmé de son côté avoir détruit les systèmes de défense anti-aérienne et mis "hors service" les bases aériennes de l'Ukraine.

  • Les condamnations internationales

Le président américain Joe Biden a dénoncé mercredi soir "l'attaque injustifiée" de la Russie contre l'Ukraine alors que le président de la République française, Emmanuel Macron "condamne fermement" la décision de la Russie de "faire la guerre" à l'Ukraine.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a condamné jeudi les "événements horribles en Ukraine", estimant que le président russe Vladimir Poutine "a choisi la voie de l'effusion de sang et de la destruction en lançant cette attaque non provoquée".

J.A. avec AFP