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Guerre en Ukraine: comment les Français encore sur place tentent de fuir

Près d'un millier de Français sont toujours en Ukraine malgré le début de la guerre. Lundi, Jean-Yves Le Drian a parlé d'une "opportunité" de quitter Kiev dans les prochaines heures. Mais les Français qui choisissent de prendre la route doivent faire des centaines de kilomètres seuls, sans escorte.

Près d’un millier de ressortissants français serait toujours en Ukraine malgré le début de la guerre avec la Russie. Selon Etienne de Poncins, ambassadeur de France en Ukraine, 350 seraient toujours à Kiev.

Pour le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, il y a une “opportunité” de quitter la capitale ukrainienne, mais sans garantie de sécurité. 

"Il semble là qu’il y ait une opportunité à la suite de déclarations russes indiquant que les concitoyens ukrainiens pouvaient quitter librement la ville par le sud. Nous accompagnons les Français qui prennent la route vers la Roumanie, la Moldavie, la Slovaquie où ils seront accueillis par nos agents et qui les mettront en sécurité. Ils ne seront pas suivis par des convois parce que ce n’est pas possible en ce moment vu le nombre, mais cette opportunité est là et il faut essayer de la saisir”, a-t-il assuré.

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Anna et Mohammed, deux Français qui vivent à Kiev, ont eux saisis cette “opportunité”. Ils sont arrivés lundi soir à Lviv après presque 14 heures de route. Ils étaient entrés en contact sur les réseaux sociaux, ils ont passé de nombreux barrages.

“Ils ont vérifié nos passeports, ils ont fouillé nos bagages. Devant tous les checkpoints il y a une file d’attente de 15 à 30 minutes. L’attente a été très longue et on est très fatigué. On s’est arrêté juste une fois pour mettre du carburant”, expliquent-ils.

Les civils français expatriés

Les deux Français sont épuisés. Mais plein d’espoir. Leur périple reprend dès ce mardi. Il leur reste 70 km avant d’atteindre la frontière polonaise.

D’autres expatriés n’ont pas osé prendre la route. La France leur recommandait jusqu’à présent de ne pas bouger. À Kiev, c’est abasourdi que Jérémie a appris lundi que l’ambassade avait été transférée à Lviv sans même qu’il n’en soit informée. Il se sent abandonné.

“On ne laisse pas en temps de guerre ses ressortissants. Les civils français se débrouillent tout seul. Ils auraient dû faire le tour des ressortissants pour savoir lesquels voulaient partir. Là, on laisse des femmes et des enfants se débrouiller seuls”, assure-t-il.

Leur seule force aujourd’hui, la solidarité. Jérémie devrait quitter Kiev dans la matinée, de jours, avec une dizaine d’autres voitures pour plus de sécurité. 

Bettina de Guglielmo avec Guillaume Descours