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"Les approvisionnements sont coupés, on a des vivres pour plusieurs mois": le témoignage d'un Français qui refuse de quitter Kiev

A Kiev, les habitants qui n'ont pas fui la ville vivent au rythme des sirènes et des bombardements. S'approvisionner en denrées alimentaires devient de plus en plus difficile, alors que l'armée russe tente d'encercler la ville.

Le gros de l'armée russe se rapproche de Kiev. Dans la capitale ukrainienne, les habitants qui n'ont pu fuir, se préparent à l'assaut. Mardi, la tour de télévision de la ville a été touchée lors d'une frappe, entraînant la mort de 5 personnes et la coupure de la diffusion TV: "Cette tour, c'est notre symbole de vérité, d'informations libres, de vraies nouvelles, c'est notre vérité qu'ils veulent attaquer", a indiqué à l'AFP un avocat devenu combattant volontaire, Volodymyr Roudenko.

Ceux qui n'ont pas rejoint les forces armées ukrainiennes attendent terrés chez eux. C'est le cas de Pascal Boiteux, un Français qui vit à Kiev et qui n'a pas voulu évacuer la ville: "Mon fils de 19 ans qui est franco-ukrainien aide les combattants, je ne conçois pas de partir en le laissant derrière moi", assure-t-il ce mercredi matin sur RMC.

En attendant, il vit au rythme des sirènes qui avertissent des bombardements: "Les sirènes retentissent assez souvent. Les bombardements sont quotidiens, à environ 4-5 kilomètres. Tant qu'ils ne sont pas proches, je reste chez moi", explique Pascal Boiteux.

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"Les trois quarts des gens n’ont pas d’argent pour quitter la ville"

L'urgence pour l'instant, c'est de trouver comment se ravitailler alors que l'armée russe tente d'entourer Kiev: "Ils ont coupé les approvisionnements alimentaires. Il y a encore plusieurs millions de personnes bloqués à Kiev, ils ne peuvent pas partir", les trois-quarts des gens n’ont pas d’argent pour quitter leur appartement et aller à l’hôtel", assure-t-il. 

"Nous avons fait des provisions pour tenir des mois. On ne s’est pas fait prendre par surprise on savait ce qu’était la tactique. On se tient beaucoup au courant sur les réseaux sociaux et il y a beaucoup d’entraide en Ukraine", explique Pascal Boiteux.

Lundi dans la soirée, le Pentagone a assuré que l'avancée des troupes russes vers Kiev était "au point mort". "Nous avons le sentiment général que le mouvement de l'armée russe (...) vers Kiev est au point mort à ce stade", a affirmé à des journalistes un haut responsable du Pentagone.

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G.D.