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Migrants en Hongrie: "Je n'ai aucune envie d’être ici, je cherche à rejoindre l'Allemagne"

REPORTAGE - Ce mercredi, près de 3.000 migrants ont traversé la frontière serbe pour entrer en Hongrie, pays membre de l'Union européenne et de l'espace Schengen. Une fois sur place, recueillis par la police, ils attendent dans un champ que des bus municipaux les conduisent dans un camp de transit.

Ils n’ont jamais été aussi nombreux à passer la frontière entre la Serbie et la Hongrie. Mercredi, 3.000 personnes sont entrées en Hongrie, pays membre de l’Union européenne, et porte d’entrée de l’espace Schengen. Ils viennent d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie. Leur route est désormais bien connue: ils passent par la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie avant de pénétrer en Hongrie. La plupart veulent poursuivre leur voyage vers l'Allemagne, la Suède ou d'autres pays d'Europe occidentale comme a pu le constater sur place RMC.

C'est le cas par exemple d'Hassan qui vient tout juste de passer la frontière avec sa petite sœur. Attendus par la police, ces Syriens ont été immédiatement conduits dans un champ, alignés les uns derrière les autres. "Je n'ai aucune envie d’être ici, confirme-t-il. Ce n’est pas le pays dans lequel je veux vivre. Moi je cherche à rejoindre l'Allemagne, parce que j’ai de la famille là-bas". Et de revenir sur les conditions de son arrivée: "On a fait un long voyage. Ça fait un mois que nous sommes partis. C’est long, c’est semé d’embûches mais on s’y attendait. De toute façon, c’est toujours mieux que la Syrie".

"Si ma petite sœur n’était pas là, je prendrais la fuite"

Comme des centaines d'autres personnes, Hassan et sa sœur attendent, dans la nuit et le froid, des bus municipaux, censés les conduire dans un camp de transit. "La police nous a dit qu’on devait aller dans le camp, qu’on y resterait une journée et qu’après on aurait le droit d’aller à Budapest. Mais si ma petite sœur n’était pas là, je prendrais la fuite, affirme Hassan, qui était chirurgien en Syrie et qui a tout abandonné pour venir en Europe. Les camps, je sais ce que c’est. C’est tellement sale… Jamais de ma vie je n’avais vu des endroits comme ça..."

Pour surveiller ces centaines de familles, une trentaine de policiers. Et pour s’occuper d’eux, un seul travailleur humanitaire qui n’a pas même une bouteille d’eau à distribuer. "Le camp où ils vont aller est censé accueillir 1.100 personnes. Mais, aujourd’hui, ils seront déjà plus de 2.000 à l'intérieur, regrette-t-il". Pour lui, "c'est très clair, cela signifie que le gouvernement ne veut pas nous aider". Finalement, ce soir-là, aucun bus ne viendra les chercher. Et c’est à pied, qu’ils ont tous rejoint le camp situé cinq kilomètres plus loin.

Marie Régnier avec Maxime Ricard