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Numéro vert "Stop jihadisme": des cas sérieux de candidats au jihad signalés depuis les attentats

112 cas de radicalisation ont été signalés depuis les attentats.

112 cas de radicalisation ont été signalés depuis les attentats. - Joël Saget - AFP

Le numéro vert de la cellule "stop jihadisme" n’a jamais reçu autant d’appels depuis les attentats. Des appels pris au sérieux puisque des candidats prêts à partir en Syrie et en Irak ont été détectés.

La cellule "Stop jihadisme" travaille sans discontinuer depuis les attentats. Le numéro vert (0.800.00.56.96) mis en place par le gouvernement en avril 2014 a vu son nombre de signalements bondir. Cette plate-forme permet à des familles qui s’inquiètent de la radicalisation d’un proche de venir chercher de l’aide et également de signaler un éventuel départ vers la Syrie ou l’Irak.

Au total, 112 cas ont été signalés en moins de deux semaines quand en temps normal, la cellule "Stop jihadisme" répertorie en moyenne 200 cas par mois. D’après nos informations, parmi la centaine de signalements depuis le 13 novembre, figurent des cas sérieux de candidats au jihad qui étaient prêts à rejoindre les rangs du groupe Etat islamique en Irak ou en Syrie.

Une augmentation de 50% des départs depuis janvier

Les attentats semblent avoir agi comme un déclic sur certaines familles, auparavant réticentes à effectuer ces signalements, parfois vécus comme une dénonciation. Une idée qu’il faut combattre, selon Valérie de Boisrolin, présidente de l’association "Malgré eux" qui vient en aide aux parents d'enfants radicalisés.

"Ce n’est pas une dénonciation, c’est juste sauver son enfant, plaide-t-elle sur RMC. Après on peut se tromper et tant mieux. Mais il vaut mieux devancer les choses. On sait très bien qu’une fois nos enfants partis, c’est pour trouver la mort, pas autre chose".

Un signalement d’autant plus nécessaire que le nombre de départs a été multiplié par deux depuis janvier dernier. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur, 570 Français sont actuellement en Syrie ou en Irak.

C. B avec Céline Martelet