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Présidentielle au Brésil: un jour de vote sous tension

Les bureaux de vote ont ouvert, ce dimanche, au Brésil, pour le second tour de l'élection présidentielle entre Lula et Jair Bolsonaro. Sur place, c'est un pays divisé et tendu qui se rend aux urnes.

156 millions de Brésiliens sont appelés aux urnes, ce dimanche. Le président sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro affronte le candidat de gauche Lula, qui a dirigé le pays entre 2003 et 2010. Les derniers sondages donnent la victoire d’une courte tête à Lula, avec 53 % d’intentions de vote, contre 47 % au président sortant, selon l’institut Datafolha.

Des chiffres qui montrent un pays profondément divisé, où les deux candidats ont réuni des scores proches des 50% dès le premier tour et où le vote est obligatoire. Pour preuve, le dernier débat, vendredi soir, a été extrêmement tendu.

"Aucun électeur ne peut rentrer dans l'isoloir avec son téléphone ou une arme. Mais il peut porter les vêtements qu'il veut et arborer les couleurs de son candidat", explique Felipe, président d'un bureau de vote à Copacabana.

Il mesure et constate une forte tension autour de ce scrutin présidentiel: "Aujourd'hui, les Brésiliens sont tendus. Ils ont peur car les Bolsonaristes sont souvent violents. Il y aura probablement des conflits. L'allié de Lula a appelé à porter du blanc plutôt que du rouge, la couleur de la gauche, car cela attire moins l'attention." D'ailleurs, Felipe a beaucoup d'appréhension avant de débuter cette journée, dans son bureau de vote: il n'en dort pas la nuit.

"On ne peut plus parler politique"

Même constat de la part de notre envoyée spéciale à Rio de Janeiro, Caroline Philippe : "Dans l'attitude des gens, les Brésiliens sont stressés. Il y a de l'inquiétude. C'est tendu, on ne peut plus parler politique, on ne peut plus discuter. Il y a énormément de tension."

Irène est une militante pro-Lula et explique aussi "être tendue": "les gens ne parlent pas facilement, même s'ils ne sont pas méchants."

"On s'habitue à ce climat. On est habitué à toutes les manipulations. Beaucoup de gens savent ce que c'est la dictature et les gens sont inondés de fake news qu'on n'arrive pas à démonter", explique-t-elle.

"Après quatre ans de Bolsonarisme, ce n'est pas une démocratie comme la nôtre", note Caroline Philippe qui voit "un dialogue de sourds entre les pro-Lula et les pro-Bolsonaro."

"Tout est exacerbé. Ce sont des discours de contre-vérités permanentes qui s'affrontent."

"Les gens sont extrêmement bienveillants au Brésil, pour la majorité. Ils ne sont pas violents, mais c'est vrai qu'il y a une tension. Il est vrai que quand on a affaire à un Bolsonariste pur jus, c'est difficile !", conclut Irène.

MM