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Référendum en Turquie: les partisans du "non" dénoncent ceux "qui veulent revenir à l’ancien temps"

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Les Turcs vont-ils décider de donner plus de pouvoirs à leur président Recep Tayyib Erdogan? Réponse dimanche soir à l’issue du référendum.

Près de 55 millions d’électeurs sont appelés à dire "ou"» ou "non" dimanche à la réforme constitutionnelle voulue par Recep Tayyib Erdogan. Si le "oui" l’emporte, il n’y aura plus de premier ministre, le président nommera ses ministres, il pourra aussi choisir une partie des juges et des procureurs. Le chef de l’Etat turc aura également la possibilité de diriger par décrets en se passant du vote du parlement.

Dans les derniers sondages, le "oui" n’a qu’une très légère avance. Rien n’est donc joué même si la campagne a été très difficile pour les partisans du "non" absents notamment des principaux médias turcs.

"Seriez-vous prêt à confier vos enfants au chauffeur d’un bus sans frein?"

Un grand rassemblement pour le "non" devait être organisé samedi à Ankara, mais il a dû être annulé pour des raisons de sécurité. Le dernier meeting en faveur du "non" a donc eu lieu dans une petite ville, Polalti, à 80km d’Ankara. Dans une salle réservée d’habitude au mariage, le leader de l’opposition Kemal Kilic Daroglu est monté à la tribune. "Seriez-vous prêt à confier vos enfants au chauffeur d’un bus sans frein? Non! Alors protégez notre démocratie comme vous protégez vos enfants", clame t’il devant ses partisans.

Dans la salle, des ouvriers ou des agriculteurs, fiers de leur république laïque tournée vers l’Europe. "Je suis sûr que le "non" va l’emporter. Le peuple turc veut rester une démocratie", lance un militant.

Drapeau turc à la main, ce sont les femmes qui étaient les plus nombreuses pour ce dernier meeting. Des femmes inquiètes pour leur avenir en cas de victoire du "oui", qui est porté par les partis les plus conservateurs. "Pour les femmes ça sera un retour en arrière. Ils veulent que les femmes restent à la maison, sans travail. Ils veulent revenir à l’ancien temps", prévient une militante du "non". Conscients de cette crainte, les leaders de l’opposition n’ont cessé d’appeler les femmes à se mobiliser dimanche pour aller voter contre le projet de Erdogan.

Céline Martelet (avec A.M.)