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Reportage RMC: dans les yeux des habitants de Damas

Une équipe internationale d'experts doit débuter dimanche son enquête sur le site de l'attaque chimique présumée en Syrie qui a provoqué des frappes américaines, françaises et britanniques d'une ampleur inédite contre le régime de Bachar al-Assad. RMC est partie en Syrie pour comprendre le point de vue des habitants de Damas.

Pour le président de la République, Emmanuel Macron, c'était une question de "crédibilité". Une ligne rouge a été franchie et elle devait se faire respecter. Quelques jours après avoir frappé des usines en Syrie en réponse à l'attaque chimique sur la ville de Douma, cette intervention, menée avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, a été très critiquée. RMC a voulu savoir ce qui se dit en Syrie. Evidemment la situation de la population est très différente, selon les endroits du pays. Marie Régnier s'est rendue à Damas - relativement épargnée - pour interroger des habitants. 

Des étudiants se baladent par petits groupes en riant: "La France, je veux y aller, c'est tellement romantique", lance une jeune femme. Mais lorsqu'on aborde le sujet des frappes occidentales, les Syriens sont tout de suite moins enthousiastes: "Franchement on a déjà beaucoup de problèmes ici, on n'en avait pas besoin d'un autre. Et puis, on ne sait pas si c'est votre gouvernement qui a raison ou le nôtre parce qu'ils commettent tous des actes criminels", s'attriste une femme.

"On n'a pas peur de ces attaques, on est habitué"

Une étudiante dans la rue nous assure qu'elle n'a jamais été inquiétée par ces frappes: "Ça fait sept ans que notre pays est en guerre. On n'a pas peur de ces attaques, on est habitués". En veut-elle à la France, aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne? Elle hésite et lâche: "Moi ce qui m'intéresse, c'est de savoir si des armes chimiques ont été utilisées et qui l'a fait".

Un peu plus loin, Tarek n'a aucun problème à nous dire ce qu'il pense: "Il croit quoi Trump? La Syrie, c'est chez nous. Ce qu'on fait ici, en Syrie, c'est combattre les groupes terroristes et il faut le faire". Ses amis préfèrent rester silencieux, ils n'ont pas voulu parler de politique.

Marie Régnier (avec BM)