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Royaume-Uni: la Première ministre Liz Truss annonce sa démission

La Première ministre britannique Liz Truss a annoncé sa démission, ce jeudi après-midi. Elle avait pris ses fonctions le 6 septembre.

C'est déjà fini pour Liz Truss, après six semaines au pouvoir et une descente aux enfers sur fond de crise économique. La Première ministre britannique a annoncé sa démission, ce jeudi après-midi. Elle était arrivée à Downing Street le 6 septembre. Le Parti conservateur va désigner un nouveau chef de la majorité lors d'un scrutin, "d'ici à la semaine prochaine" selon Liz Truss.

Un "record" pour Liz Truss

"Vu la situation, je ne peux pas remplir le mandat sur lequel j'ai été élue par le Parti conservateur", a déclaré Liz Truss, qui devient la cheffe de gouvernement à la longévité la plus courte de l'histoire contemporaine du Royaume-Uni, avec 44 jours en poste au 10 Downing Street.

Jeudi matin encore, elle semblait pourtant s'accrocher au pouvoir, un porte-parole assurant à la mi-journée qu'elle "travaillait" avec son ministre des Finances Jeremy Hunt pour préparer leur plan économique de moyen terme, au lendemain d'une journée catastrophique pour elle.

Mais en fin de matinée, elle a rencontré le député à la tête du puissant Comité 1922 chargé de l'organisation interne du parti conservateur (et donc d'une éventuelle procédure de remplacement), au moment où la dirigeante conservatrice se débattait avec une majorité de plus en plus frondeuse, la liste de parlementaires demandant son départ s'allongeant d'heure en heure.

"Liz Truss doit partir dès que possible", avait lâché l'ancien ministre conservateur David Frost, qui la soutenait ardemment auparavant, dans une tribune au Daily Telegraph.

Sans programme économique après l'humiliant renoncement aux baisses d'impôts

Plus impopulaire que jamais dans l'opinion, sans programme économique après l'humiliant renoncement aux baisses d'impôts et ayant dû se priver de deux de ses plus importants ministres, Liz Truss avait beau assurer qu'elle voulait rester en place, son maintien à Downing Street semblait bien compromis.

En pleine crise économique du coût de la vie, qui voit des millions de Britanniques souffrir de l'inflation, le parti conservateur réenclenche une élection interne pour se trouver un nouveau dirigeant -le cinquième en six ans-, alors que la précédente a eu lieu cet été, après la démission de Boris Johnson, sur fonds de scandales à Downing Street et dans la majorité.

Quels seront les candidats? Depuis des jours, plusieurs noms circulent pour succéder à Liz Truss, comme ceux de Rishi Sunak, Jeremy Hunt, Penny Mordaunt (la ministre chargée des relations avec le Parlement) voire même Boris Johnson, le Premier ministre qu'elle a remplacé en septembre. Les responsables du parti conservateur annoncent qu'un nouveau Premier ministre sera nommé d'ici le 28 octobre prochain.

Des élections générales "maintenant"

Les Tories ont décidé d'éviter des législatives anticipées, au moment où l'opposition travailliste caracole en tête dans les sondages.

Après l'annonce de Liz Truss, leur chef Keir Starmer a appelé à convoquer une élection générale dès "maintenant" et non fin 2024 ou début 2025 comme prévu.

Les conservateurs "manquent à leur devoir patriotique de base de laisser les Britanniques en dehors de leurs querelles pathétiques", avait-t-il attaqué jeudi matin dans un discours devant le Congrès des syndicats (TUC), au moment où de nombreux mouvements sociaux agitent le pays face à la crise du coût de la vie.

Pour Liz Truss, la journée de mercredi a viré au mélodrame. Moins d'une semaine après le départ du ministre des Finances Kwasi Kwarteng, remplacé par Jeremy Hunt, nouvel homme fort du gouvernement, c'est la très à droite ministre de l'Intérieur Suella Braverman qui a quitté le gouvernement pour des divergences grandissantes avec Liz Truss sur l'immigration, selon les médias britanniques.

Elle a été remplacée par Grant Shapps, ancien ministre des Transports sous Boris Johnson, dans se qui se voulait un geste d'ouverture à l'égard des ex-adversaires de Liz Truss dans la course à Downing Street, Shapps ayant soutenu Rishi Sunak.

La soirée a ensuite été mouvementée au Parlement où un vote -remporté par le gouvernement- à propos de la levée du moratoire sur la fracturation hydraulique a visiblement tourné à la foire d'empoigne entre les conservateurs.

Des députés de la majorité ont refusé de voter dans le sens du gouvernement, malgré les représailles auxquelles ils s'exposent, Downing Street ayant expressément demandé de respecter la consigne de vote.

LP avec AFP