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Russie: Poutine annonce l'annexion des quatre régions ukrainiennes et appelle au cessez-le-feu

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé, ce vendredi à Moscou, l'annexion de quatre régions de l'Est et du Sud de l'Ukraine (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson) par la Russie.

"Les gens ont fait un choix sans équivoque". Vladimir Poutine a annoncé, dans une grand discours ce vendredi à Moscou, le rattachement des régions de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson à la Fédération de Russie, après les référendums d'autodétermination organisés par les républiques séparatistes pro-russes. "Nous signons aujourd'hui un accord sur l'intégration" de ces régions à la Russie, a-t-il déclaré, devant une grande partie de l'élite politique russe, réunie au Kremlin: le gouvernement, les députés et sénateurs, et d'autres représentants de l'Etat russe.

"C'est la volonté de millions de personnes et c'est leur droit à l'autodétermination des peuples", a justifié le président russe pendant ce discours.

Quatre nouvelles régions administratives russes seront créés selon le président russe qui précise que "les habitants de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson deviennent nos citoyens pour toujours."

Un appel au cessez-le-feu

Vladimir Poutine estime que Kiev doit "respecter le choix de ce peuple", "seul chemin vers la paix". Il appelle Kiev à un cessez-le-feu:

"J'appelle les autorités de Kiev à cesser immédiatement les hostilités de cette guerre commencée en 2014 et à revenir à la table des négociations. Nous ferons tout pour garantir la sécurité de notre peuple" a déclaré le président russe.

"Il n'y a rien de plus fort que la volonté de millions de personnes qui s'identifient et se trouvent russe par rapport à leur langue et leur croyance, celles qui vivaient pendant des siècles dans le même pays, il n'y a rien de plus important que leur volonté de retourner vers leur vrai pays" a déclaré le président russe, estimant que la Russie "n'aspire pas" à la restauration de l'URSS: "l'union soviétique n'existe plus, il n'est pas possible de revenir dans le passé et la Russie n'en a plus besoin, n'a plus besoin de cela."

"L'Occident cherche à nous détruire"

Dans son discours, Vladimir Poutine s'en est pris à la politique "coloniale et d'asservissement de l'Occident" qui cherche à "frapper" et "détruire la Russie".

"Après la chute de l'Union soviétique, l'Occident a décidé que tout le monde devait être d'accord avec cette dictature. Ils ne veulent pas nous voir comme un peuple libre. Ils visent notre socle de valeurs, car la prospérité de notre société les menace. Ils sont révoltés par le choix libre des peuples. Mais l'Occident n'a aucun droit de parler de démocratie, de décider de tout pour tout le monde."

Vladimir Poutine dénonce une "russophobie répandue dans le monde": "C'est du racisme", accuse le président russe. Pour lui, la politique "barbare", "sauvage" de l'Occident rappelle une politique qui date "du Moyen-Âge" qui veut faire de la Russie une "colonie": "l'Occident n'est pas capable de faire sa repentance".

Le président russe charge aussi les États-Unis, "seul pays à avoir fait usage à deux reprises de l'arme nucléaire": "Les élites américaines utilisent la tragédie actuelle pour renforcer leur hégémonie", estime-t-il.

Il accuse, par ailleurs, les "Anglo-Saxons" d'avoir provoqué les explosions sur NordStream 1 et 2 :

"En organisant les explosions de Nord Stream,  les Anglo-Saxons ont commencé à détruire les infrastructures européennes. Ceux qui ont commis cet acte, c'est ceux à qui cela profite."

Des référendums contestés

Dans un communiqué, les dirigeants de l'Union européenne annoncent "rejetter" l'annexion par la Russie des quatre régions ukrainiennes. Mardi, l'ONU avait répété son soutien à "l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières reconnues":

"Les Nations unies restent totalement engagées envers la souveraineté, l’unité, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, au sein de ses frontières internationalement reconnues", avait déclaré la secrétaire générale adjointe de l’ONU pour les Affaires politiques Rosemary DiCarlo.

Le même jour, sur BFMTV, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna avait qualifié les réféendums d'annexion organisés par le Kremlin de "mascarade", dénonçant l'insincérité des votes exprimés:

"Ils n’ont aucune légitimité, aucune valeur. Nous ne les reconnaîtrons pas, ils entraîneront des sanctions de la part de la France, de l’Europe et d’autres Etats de la communauté internationale", avait annoncé la ministre.
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC