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Islam de France: "On demande aux musulmans d'effectuer en dix ans ce que l'Eglise catholique a effectué en deux siècles"

Bernard Cazeneuve organise ce lundi une "journée de consultations sur l'islam de France". Pour le grand imam de Bordeaux Tareq Oubrou, l'islam doit être représenté par des "religieux" et non "par des leaders associatifs".

Alors que le débat s'emballe autour de l'islam, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve organise ce lundi une "journée de consultations sur l'islam de France" pour améliorer, avec une fondation, le financement et l'organisation de cette religion.

Pour Tareq Oubrou, grand imam de la mosquée de Bordeaux, "le problème c'est que la communauté musulmane n'a pas de véritable représentant d'envergure".

"Nous sommes représentés par des leaders associatifs et pas par des théologiens. L'islam doit être représenté par des religieux qui ont une responsabilité liturgique et pastorale (…) L'islam ce n'est pas la religion d'un peuple ou d'une église donc représenter le culte ce n'est pas représenter tout l'islam. C'est une configuration théologique particulière", a-t-il développé ce lundi dans Bourdin Direct.

"Un travail fondamental nécessaire"

L'imam est aussi revenu sur la polémique du burkini: "Il y a le principe de liberté, on est quand même dans un pays de liberté, il faut quand même le souligner, tant que cette liberté ne trouble pas l'ordre public".

Tareq Oubrou est bien conscient de la nécessaire réforme de l'islam de France, mais c'est un travail de longue haleine: "On demande aux musulmans de faire en 10 ans un travail que l'église catholique a effectué en deux siècles. La réforme d'une religion ce n'est pas un traitement symptomatique pour calmer la douleur, c'est un travail fondamental nécessaire".

Quant à l'acte islamophobe d'un patron de restaurant à Tremblay-en-France -qui s'est excusé depuis-, Tareq Oubrou estime que "c'est un événement attendu". "C'est l'effet automatique et mécanique d'un climat autour de l'islam qui favorise ce type d'angoisse, de réactions. Je pense que le climat politico médiatique crée des comportements qui ne sont pas forcément racistes mais c'est un climat… Avec le terrorisme et l'exploitation politique de ces événements, ça clive davantage la société", a-t-il aussi déploré.