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Jean-Marie Le Pen exclu du FN: "C'est pire qu'un crime, c'est une faute", estime Bruno Gollnisch

Bruno Gollnisch

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Bruno Gollnisch, député européen et membre du bureau politique du FN, a réagi ce vendredi dans Bourdin Direct à l'exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national, le parti qu'il a cofondé. Le député européen a notamment déclaré trouver cette décision "moralement choquante, politiquement néfaste et juridiquement contestable".

Coup de tonnerre au Front national. Ce jeudi soir, après cinq mois de bras de fer avec sa fille Marine, Jean-Marie Le Pen a été exclu du parti qu'il a cofondé. Le communiqué lapidaire du parti annonçant cette décision ne s'étend pas sur les motivations, précisant seulement que la décision, "complète et motivée", serait "notifiée ultérieurement" au patriarche frontiste. Agé de 87 ans, Jean-Marie Le Pen a fait savoir qu'il ne jetait pour autant pas l'éponge: il entend bien contester cette décision en justice.

Ce vendredi sur RMC, un de ses proches, le député européen Bruno Gollnisch se dit abasourdi par cette exclusion: "Même dans mes cauchemars les plus sombres, je n'envisageais pas une telle décision. Je trouve que c'est moralement choquant, politiquement néfaste et juridiquement contestable. En effet, la situation de Jean-Marie Le Pen lui a été conférée par une Assemblée générale, le Congrès de Tours. C'est pourquoi je doute qu'un bureau exécutif puisse l'exclure du FN, pas plus qu'il ne puisse juger la présidente du mouvement".

"Cela donne l'image d'un parti comme les autres"

Bruno Gollnisch remet donc en cause la légalité de cette exclusion et estime que cette "les trois dernières décisions de justice, toute favorables à Jean-Marie Le Pen, auraient dû conduire à une discussion, à trouver un accommodement. A moins que l'on est vraiment décider de se débarrasser de lui en tant que symbole politique. Pour cela, j'attends de lire les motivations de cette étrange décision".

Et le député européen de poursuivre sa plaidoirie de défense envers le cofondateur du FN, en adressant quelques piques à l'équipe dirigeante actuelle du parti: "Si ce qu'on appelle le politiquement correct, c'est-à-dire le discours dominant, a à ce point pris une emprise sur le Front national, qui, jusqu'à présent, a toujours manifesté une impertinence à l'égard de ce discours imposé par l'establishment politico-médiatique, alors c'est grave. Cela donne l'image d'un parti comme les autres, ce qui ne me réjouit pas".

"Un acte politique grave"

Dès lors, pourrait-il quitter le FN? "Je vais y réfléchir, assure-t-il. Je ne vais pas prendre de décision hâtive. Mais s'il y avait des prises de position contraires aux valeurs que je défends depuis des décennies et sur lesquelles j'ai été élu, bien sûr. Si on me dit aujourd'hui que ce que Jean-Marie Le Pen a dit et répété pendant des années n'est pas la doctrine du FN, j'attends qu'on me dise de façon claire et précise ce qu'est la doctrine du parti".

Le FN peut-il continuer à garder son nom? "C'est tout le problème qui est posé, assure le député européen. Si on veut faire de cette éviction un symbole alors c'est évidemment un acte politique grave, majeur". Et de conclure en citant Fouché: "C'est pire qu'un crime, c'est une faute".