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Jérôme Rivière quitte le RN pour Eric Zemmour: "Marine Le Pen n’est pas du tout en situation de gagner"

Invité d’"Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story, le patron des eurodéputés du Rassemblement national Jérôme Rivière a expliqué son choix de rejoindre Eric Zemmour à moins de trois mois de l’élection présidentielle.

Il quitte Marine Le Pen pour Eric Zemmour. Jérôme Rivière, président du groupe du Rassemblement national au Parlement européen, a décidé de s’engager avec Eric Zemmour. "J’ai fait ce choix, qui est difficile, explique-t-il ce jeudi dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story. Quand vous présidez une délégation de 23 députés, le seul poste institutionnel du Rassemblement national, la place est bonne. Mais le moment que traverse la France, le choix que nous devons faire à l’occasion de l’élection présidentielle, mérite des choix de conviction. Je pense que Marine Le Pen n’est pas du tout en situation de gagner l’élection présidentielle, donc je fais le choix de rejoindre Eric Zemmour. J’ai donc démissionné de mes fonctions de président de ce groupe de députés et du RN pour rejoindre le parti Reconquête et Eric Zemmour. Je serai vice-président du parti Reconquête et porte-parole de la campagne d’Eric Zemmour."

"Pourquoi je fais ce choix ? La réalité, c’est que depuis les élections régionales, qui ont été perdues par le Rassemblement national, j’ai la conviction qu’il y a un plafond de verre qu’elle n’arrivera pas à dépasser, assure Jérôme Rivière. D’ailleurs, parce que c’est une femme qui a un instinct politique très fort, elle le sait. C’est pour ça qu’elle a réorganisé son parti durant l’été, non pas pour en faire le parti de la future majorité présidentielle, mais comme Le Radeau de la Méduse. Elle a refermé, avec des équipes très étroites, pour préparer l’après 10 et 24 avril.

"Elle a lancé sa campagne en septembre dernier en souhaitant nationaliser les autoroutes et privatiser la télévision, ajoute le patron des eurodéputés RN à propos de Marine Le Pen. Ce sont des mesures intéressantes, mais ce n’est pas un programme pour une élection présidentielle. Je lui suis extrêmement reconnaissant d’avoir tenu pendant longtemps ce camp des populistes. Mais il s’est passé quelque chose dans le courant de l’automne et au début de l’hiver. Eric Zemmour, qui n’était pas un homme politique, a fait irruption dans le jeu politique. Et il a posé un véritable constat, ce qui n’avait pas été fait."

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"Ce n’est une personnalité brutale"

"Je me revendique populiste et je pense que justement, la candidature d’Eric Zemmour est la seule capable de faire sauter ce cordon sanitaire qui existe entre les conservateurs, qui étaient chez LR pour certains d’entre eux, et les nationaux-populistes, incarnés par le RN, et qui n’arrivaient jamais à se retrouver, estime aussi Jérôme Rivière. Il y avait cette digue. Les LR ne veulent pas voter pour Marine Le Pen et le RN se retrouve toujours isolé, exclu. Je pense que tous ces électeurs, tous ces militants du RN, ont le droit à une victoire. C’est Eric Zemmour qui pourra leur amener parce qu’il fera ce rassemblement des conservateurs et des populistes."

Et Jérôme Rivière, qui assure que d’autres députés européens du RN vont rejoindre Eric Zemmour, ne craint pas l’image dure que peut renvoyer le candidat. "La façon dont il parle est parfois crue. Il dit les choses. C’est ce qui fait sa force, ce qui peut parfois choquer ou surprendre, explique-t-il. Dans la réalité, à aucun moment, ce n’est une personnalité brutale. Celui qui est brutal, c’est Emmanuel Macron. C’est notre seul adversaire, mon seul adversaire. Celui que je veux voir battu, c’est Emmanuel Macron. C’est la seule chose qui compte pour moi."

LP