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JO: deux ans après la Coupe du monde, les Brésiliens croient toujours en la Seleçao

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L'équipe du Brésil joue ce dimanche soir face à l'Irak le deuxième match de la compétition. Deux ans après la déroute de la Seleçao, battue 7-1 par l'Allemagne, les Brésiliens veulent garder espoir.

Face à l'Afrique du Sud il y a deux jours, l'équipe de foot du Brésil n'a pas su convaincre: match nul. Ce soir, la Seleçao affrontera l'Irak. Dans le quartier de Flamengo, André ne baisse pas les bras: "Nous sommes dans le pays du football, nous aimons ce sport et nous supporterons toujours cette sélection. Même avec ce qu’il s’est passé il y a deux ans. Perdre comme on a perdu c’était trop triste, mais je n’abandonnerai jamais le Brésil, je le supporterai jusqu’à la mort et avec ces JO, ce sera une petite revanche".

Et en ce moment, il faut être costaud et motivé pour supporter cette Seleçao. Il y a quelques semaines, elle a été éliminée dès les phases de poule de la Copa America par le Pérou. Pedro, carioca de naissance, a le sentiment que remonter la pente va être bien compliqué: "Tout le football brésilien a beaucoup souffert. Mais si aujourd’hui on fait des blagues là-dessus, c’est une chose qui nous fait mal. On doit changer beaucoup de choses, et ça va prendre beaucoup de temps pour que la blessure cicatrise".

"Tous nos espoirs reposent sur Neymar"

Alors, pour ce tournoi olympique, il ne compte que sur un joueur, une star mondial, Neymar: "Neymar c’est notre symbole national. On lui fait confiance, nos résultats dépendent de lui. Tous nos espoirs reposent sur Neymar".

Deux ans précisément après la défaite 7-1 contre l’Allemagne, il semble malgré tout que l’état d’esprit ait changé. C’est en tout cas le sentiment de Dominique. Son père a longtemps joué sous les couleurs du club local de Flamengo: "C'est toujours un cauchemar de parler de la Coupe du monde. Les Brésiliens commencent à se rendre compte qu'il n'y a pas que le foot, même si ça reste la référence brésilienne".

Il y a le sport, et il y a aussi l’organisation. Et l’héritage qui en découle. Selon certaines études, la Coupe du monde aurait coûté au Brésil plus de 10 milliards d’euros. Financé à plus de 80% par l’Etat et donc par le contribuable. Certains transports collectifs ne fonctionnent plus. Dans la capitale à Brasilia, un quatrième stade avait été construit. Quatre stades pour une ville qui n’a aucun club dans les deux premières divisions du pays.

"Le Maracana n'est plus un stade populaire"

Et puis il y a le mythique Maracana qui a été totalement transformé pour cette coupe du monde. Héritage dramatique, pour Rogerio, journaliste indépendant: "Le Maracana c’était une œuvre architecturale d’une valeur immense, ils l’ont transformé pour la Coupe du monde et c’est terrible. Cette compétition nous a enlevé un petit peu de notre patrimoine. Et puis en plus on a mis plein de places VIP. Le Maracana n’est plus un stade populaire, il n’est plus fréquenté que par des blancs".

Les Brésiliens n’ont à présent qu’un seul souhait, c’est que l’histoire ne se répète pas avec ces Jeux Olympiques.

P.B. avec Thomas Chupin