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Kenya: "Un massacre contre des étudiants, mais aussi contre le savoir"

Un hommage aux victimes de l'attentat à Nairobi.

Un hommage aux victimes de l'attentat à Nairobi. - AFP

TEMOIGNAGES - En France, la solidarité est unanime. Et après le choc et l’émotion, l’heure est aux hommages. Ce jeudi, plusieurs universités de France appellent leurs élèves à observer une minute de silence. Reportage devant l’université de la Sorbonne, à Paris.

Souvenez-vous, jeudi dernier, au Kenya, l’université de Garissa était la cible de terroristes islamistes: 148 étudiants tués, des dizaines de blessés. Un véritable massacre. En France, la solidarité est unanime.

Et après le choc et l’émotion, l’heure est aux hommages. Ce jeudi, plusieurs universités de France appellent leurs élèves à observer une minute de silence.

"Cela aurait pu nous arriver à nous"

Mais depuis quelques jours de nombreux étudiants, concernés, ont déjà pris les devants en organisant eux-mêmes des rassemblements, à la Sorbonne à Paris. Devant l’université, des pancartes habillent la statue d’un célèbre philosophe: "Je suis kenyan", "Paris avec Garissa"… Un hommage spontané après un drame qui a particulièrement affecté les étudiants.

Des étudiants qui ne cessent de défiler place de la Sorbonne, en mémoire des victimes. "Ce sont de grandes violences, confie, émue, cette jeune étudiante au micro de RMC. Cela touche des étudiants, cela aurait pu nous arriver à nous. Il ne faut pas rester indifférent!"

"On s'en fout un peu de l'Afrique"

Car c’est bien l’indifférence qu’ils redoutent. Un drame selon eux trop lointain pour mobiliser les foules. Louis regrette la passivité de l’opinion: "On s’en fout un peu de l’Afrique, on a l’impression… Cela ne touche pas à la France, à l’Europe… Ok ! Mais il faut quand même s’en soucier!"

Ce jeudi à 13 heures, étudiants et enseignants sont invités à se réunir place de la Sorbonne, "un livre à la main et la résistance au cœur". Ces mots, ce sont ceux de Jean-Baptiste, étudiant en droit. C’est lui qui a lancé le mouvement.

"C’est pour répondre à ce massacre, qui est un massacre contre des étudiants, mais aussi un massacre contre le savoir, une donnée universelle", poursuit-il.

De nombreuses universités françaises devraient ainsi suivre une minute de silence.

C. P. avec Agathe Roullin