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La poussée de Marine Le Pen trouble droite et gauche

Un sondage plaçant la candidate d'extrême-droite Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle de 2012 en France suscite le trouble à droite comme à gauche et perturbe les stratégies des deux camps. La présidente du Front national recueillera

Un sondage plaçant la candidate d'extrême-droite Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle de 2012 en France suscite le trouble à droite comme à gauche et perturbe les stratégies des deux camps. La présidente du Front national recueillera - -

Un sondage plaçant la candidate d'extrême-droite Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle de 2012 en France suscite le trouble à droite comme à gauche et perturbe les stratégies des deux camps.

La présidente du Front national recueillerait 23% des voix, contre 21% pour le président sortant Nicolas Sarkozy, à égalité avec le premier secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry, selon l'enquête de l'institut Louis Harris publiée par Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Ce sondage confirme la poussée de Marine Le Pen, qui vient de succéder en janvier à son père à la tête du parti créé en 1972. Le FN trouble le jeu depuis les années 1980, avec en point d'orgue la présidentielle de 2002 où Jean-Marie Le Pen avait éliminé le candidat socialiste Lionel Jospin au premier tour.

Politologues et spécialistes des sondages se montrent prudents, remarquant notamment que l'enquête retient deux hypothèses incertaines, voire discutables, la candidature au PS de Martine Aubry, qui semble avoir un potentiel de voix inférieur à celui de Dominique Strauss-Kahn, et la présence à droite de Dominique de Villepin, qui obtiendrait 7%.

Cependant, l'enquête montre selon eux que Marine Le Pen a élargi l'espace politique occupé par son père, qui avait culminé à près de 17% des voix en 2002, soulignent-ils.

"Elle bénéficie du fait que dans les autres partis politiques, personne n'est pour l'instant prêt. Le Parti socialiste cherche toujours son candidat et à droite, il y a une interrogation, est-ce que Nicolas Sarkozy parviendra à sortir de l'impasse d'impopularité où il semble enfermé ?", a dit sur France Info Pascal Perrineau, président du Cevipof, le Centre de recherches sur la vie politique française.

COPÉ MINIMISE, AYRAULT S'INQUIÈTE

Ce sondage intervient alors que Nicolas Sarkozy atteint des records d'impopularité, avec plus de 70% d'opinions négatives dans plusieurs baromètres et parfois moins d'un quart d'opinions favorables.

Voulue par le président de la République, l'ouverture d'un débat sur l'islam, maintenu sous l'appellation de "laïcité", est très discutée au sein même de la droite, où beaucoup craignent que soient implicitement validés les thèmes du Front national.

Il en est de même pour l'alarmisme du gouvernement sur le supposé danger d'immigration massive en provenance du Maghreb du fait des révoltes arabes, encore virtuel.

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a minimisé l'importance du sondage et appelé ses militants à garder leur calme.

"C'est un sondage parmi d'autres. Personne n'est dupe du rôle qu'on essaye de donner aux sondages dans notre démocratie", a-t-il dit sur Radio J.

"Je profite de l'occasion de ce sondage pour appeler l'ensemble de mes amis au plus grand sang-froid", a-t-il conclu. Il maintient qu'à ses yeux, le débat sur la "laïcité" est nécessaire parce que, dit-il, les Français le demandent.

Le Parti socialiste est de son côté enlisé dans la procédure visant à désigner son candidat, avec la perspective d'une "primaire" confuse mettant possiblement en lice une demi-douzaine de candidats.

Le PS, toujours traumatisé par son élimination du premier tour le 21 avril 2002, aura fort à faire avec plusieurs candidatures probables à sa gauche, notamment celle de Jean-Luc Mélenchon qui critique durement son ancien parti.

"Je pense qu'il faut prendre ce sondage comme un coup de semonce, un avertissement et donc qu'il ne faut pas le prendre à la légère. Je pense que c'est le symptôme d'un malaise profond", a dit le président du groupe PS à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault sur France Info.

Marine Le Pen a déclaré sur I-télé que ce sondage montrait à ses yeux que Nicolas Sarkozy ne pouvait plus gagner l'élection et à appeler ses électeurs à la soutenir.

"Effectivement il y a une vague, et personne ne peut savoir aujourd'hui jusqu'où cette vague va aller", a-t-elle déclaré.

REUTERS