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Lavillenie-mania en Auvergne : "Un gamin sur deux veut faire du saut à la perche"

Renaud Lavillenie.

Renaud Lavillenie. - Thierry Zoccolan - AFP

Renaud Lavillenie va tenter de décrocher ce lundi après-midi à Pékin le titre de champion du monde de saut à la perche, le seul qui manque à son incroyable palmarès. Les nombreux titres décrochés par le perchiste créent une véritable Lavillenie-mania en Auvergne, région dont il est originaire.

Le temps va s'arrêter à partir de 13h ce lundi à Pérignat-les-Sarliève, près de Clermont-Ferrand. C'est là que vit Renaud Lavillenie, qui va tenter de décrocher à Pékin le titre de champion du monde de saut à la perche, le seul qui manque encore à son impressionnant palmarès (Champion olympique, champion d'Europe, recordman du monde avec 6,16 mètres, champion du monde en salle). Parmi les habitants de la commune qui seront devant leur télé pour suivre le concours, il y aura Auguste, qui a pu suivre au plus près la préparation de Lavillenie puisque sa maison jouxte celle du perchiste.

"Comme s'il passait au-dessus de la maison"

De son balcon, il a une vue plongeante sur le sautoir que le champion olympique a fait installer dans son jardin et peut suivre quotidiennement son entraînement. Et à chaque fois, il est bluffé par la hauteur du perchoir. "Les 6 mètres, ça fait la hauteur de l'angle de la maison, et il passe par-dessus. C'est là qu'on se rend compte que 6 mètres ce n'est pas une petite hauteur". Alors qu'il n'y connaissait rien au saut à la perche Auguste est devenu fan depuis que Renaud Lavillenie est devenu son voisin. Il garde précieusement dans son garage les banderoles que les habitants et enfants du quartier fabriquent pour les titres et les records du champion. Et il va lui falloir faire de la place, car il en est persuadé, Renaud Lavillenie va gagner tout à l'heure et même, il l'espère, "décrocher un nouveau record du monde".

"Aujourd'hui un gamin sur deux veut faire du saut à la perche"

La Lavillenie-mania n'est pas circonscrite au seul quartier d'Auguste, elle a atteint toute l'Auvergne. Dans la région, les victoires de Renaud Lavillenie ont entraîné une ruée dans les écoles d'athlétisme. A tel point que le Clermont athlétisme Auvergne ne peut pas accueillir tous les enfants qui rêvent d'imiter Renaud : "On refuse beaucoup de gens parce qu'on n'a plus l'effectif pour accueillir tout le monde", regrette Pierre-Charles Peuf, coordonnateur du Pôle France de saut à la perche de Clermont. "Aujourd'hui un gamin sur deux qui vient à l'athlétisme c'est pour faire du saut à la perche. On est obligé de leur expliquer qu'avant de faire du saut à la perche, il faut savoir courir, il faut savoir sauter, il faut savoir lancer. Il faut se forger un gabarit d'athlète qui permet d'encaisser l'entraînement, et après on peut faire du saut à la perche. Ça c'est dur à expliquer aux enfants".

Philippe Gril avec Julien Teiller