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Le débat de l'UMP sur la laïcité accouche de 26 propositions

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, qui a ouvert le débat sur la laïcité, mardi à Paris. L'UMP a présenté 26 propositions visant à davantage encadrer la pratique des religions, au terme d'un débat sur la laïcité très critiqué au sein de la

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, qui a ouvert le débat sur la laïcité, mardi à Paris. L'UMP a présenté 26 propositions visant à davantage encadrer la pratique des religions, au terme d'un débat sur la laïcité très critiqué au sein de la - -

L'UMP a présenté mardi 26 propositions visant à davantage encadrer la pratique des religions, au terme d'un débat sur la laïcité très critiqué au sein de la société française et même du gouvernement.

Le parti de Nicolas Sarkozy a ainsi été accusé de stigmatiser l'islam pour séduire l'électorat du Front national après un revers aux élections cantonales de fin mars, et des personnalités de droite, dont des membres éminents du gouvernement, ont préféré ne pas assister à ce débat.

Le Premier ministre François Fillon, qui n'a pas caché ses réticences, a même été accusé de ne pas "jouer collectif" par le numéro un de l'UMP, Jean-François Copé, provoquant une explication de texte au sommet de l'Etat.

"Ce débat, ce sont les Français eux-mêmes qui nous le réclament", a dit Jean-François Copé en ouvrant mardi le débat, opposant "les analyses des grands esprits parisiens et les remarques de bon sens des acteurs de terrain".

Il a voulu écarter l'accusation de stigmatisation envers l'islam, même si cette religion a été mise en avant dans le débat en étant le sujet d'une deux table rondes prévues.

Parmi les propositions de l'UMP figure notamment celle de consacrer dans une loi "l'interdiction faite à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s'affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers".

Le parti propose d'autre part d'étendre les exigences de neutralité et de laïcité des agents des services publics aux "collaborateurs occasionnels" de ceux-ci - par exemple les mères voilées qui accompagnent les sorties scolaires - et au personnel des structures privées chargées d'une mission de service public, comme les crèches.

La loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat ne devrait pas être modifiée.

LES POLÉMIQUES SE SUCCÈDENT

La réunion de l'UMP intervient alors que des polémiques se succèdent sur des déclarations du ministre de l'Intérieur Claude Guéant, qui a estimé lundi que l'accroissement du nombre de musulmans en France et un certain nombre de leurs comportements "posent problème".

A l'heure où la France est engagée dans des actions militaires en Libye ou en Afghanistan et qu'elle affronte les suites de la plus grande crise économique et financière depuis des décennies, l'opportunité de ce débat est mise en doute.

Selon un sondage Harris Interactive pour LCP-Assemblée nationale, seuls 23% des Français jugent ainsi que ce débat est une bonne chose. A l'inverse, 37% estiment qu'il s'agit d'une mauvaise chose et 36% ne pensent ni l'un ni l'autre.

La réunion de l'UMP intervient aussi le jour où le Parti socialiste, qui a de bonnes chances de revenir au pouvoir l'an prochain à en croire les sondages, présente son projet présidentiel, soulevant le soupçon d'une volonté de la droite d'éclipser médiatiquement cet événement.

L'ensemble des représentants des religions en France ont mis en garde contre ce débat et de nombreuses associations s'y sont opposées et ont appelé à manifester contre.

"Nous avons exprimé ensemble nos réserves devant un nouveau débat dont les risques ne sont pas minces", a déclaré mardi le cardinal catholique de Paris, André Vingt-Trois, à Lourdes.

"Non seulement il risque de cristalliser les malaises devant un certain nombre de pratiques musulmanes minoritaires, mais, paradoxalement, il risque aussi d'aboutir à réduire la compréhension de la laïcité à sa conception la plus fermée", a-t-il ajouté.

Jean-Baptiste Vey, avec Tom Henegan à Lourdes, édité par Yves Clarisse

REUTERS