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Légiférer sur les dérives de Pokémon Go? "Il y a une chaîne de risques derrière l'application"

L'application Pokemon Go a été téléchargée plus de 75 millions de fois dans le monde.

L'application Pokemon Go a été téléchargée plus de 75 millions de fois dans le monde. - Thomas Samson - AFP

Vincent Ledoux, député Les Républicains du Nord souhaite que la France légifère face aux dérives de Pokémon Go. Il réclame notamment à ce que le législateur se penche sur la question de la sécurité informatique et la collecte de données.

Téléchargée plus de 75 millions de fois dans le monde, l'application Pokémon Go est le phénomène de l'été. En France aussi beaucoup se sont mis à la chasse aux Pokémons à travers cette application de réalité augmentée. Mais ce succès a également été accompagné de divers incidents: accidents causés par imprudence sur les routes ou encore violations de propriétés privées. Des dérives qui conduisent Vincent Ledoux, député Les Républicains du Nord à réclamer une législation pour encadrer l'utilisation de cette application.

"Ce qui est le plus visible c'est l'intégrité physique des jeunes, cette imprudence que l'on a lorsque l'on chasse tout en traversant la chaussée, lorsqu'on est amené à se retrouver sur des friches industrielles", explique le député mardi sur RMC.

Des dérives qui existent également selon lui du côté de la protection des données personnelles des utilisateurs de l'application. "Il y a une chaîne de risques derrière tout ça (...). Ce qui m'inquiète le plus c'est la sécurité informatique, c'est le droit à la concurrence, c'est la cybercriminalité. Ca mérite qu'on y regarde de très près parce qu'on est au tout début d'un âge d'or pour les applications en réalité augmentée", estime-t-il.

Une autorité de régulation comme pour les jeux d'argent en ligne?

Comme la plupart des applications sur smartphone, Pokemon Go collecte des données personnelles des utilisateurs. Par ailleurs, le député pointe du doigt l'absence de "droit de rétractation" pour les achats intégrés à l'application. Un droit qui existe normalement en France. Il souhaite donc que le législateur se penche sur toutes ces questions "comme il l'a fait pour les jeux d'argent en ligne".

"Depuis la loi de 2010, rappelle Vincent Ledoux, il y a une autorité de régulation des jeux en ligne qui établit un cahier des charges, qui évalue la demande des commercialisateurs, qui donne des agréments et qui contrôle."

Pour Adrienne Charmet, porte-parole de la Quadrature du Net, cette proposition de légiférer sur cette seule application "n'a aucun sens". "Légiférer autour d'une application, c'est typiquement le genre de chose qu'il ne faut pas faire, c'est profiter d'un buzz", estime-t-elle. Toutefois, elle reconnaît que sur la question des données personnelles, il y a du travail à faire. Il serait "intéressant de se préoccuper de la quantité absolument astronomique de données personnelles qu'on donne à une application quand on utilise un smartphone". Pour elle, il existe actuellement "une certaine négligence collective dans ce qu'on laisse passer sur nos téléphones portables".

C. B avec Léa Zacharie