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Les cantonales, entre scrutin local et prélude à 2012

La moitié des exécutifs des départements seront renouvelés dans un mois à l'occasion d'élections cantonales qui intéressent peu les Français mais constituent le dernier scrutin direct avant la présidentielle. Paris est le seul département à ne pas être co

La moitié des exécutifs des départements seront renouvelés dans un mois à l'occasion d'élections cantonales qui intéressent peu les Français mais constituent le dernier scrutin direct avant la présidentielle. Paris est le seul département à ne pas être co - -

par Clément Guillou PARIS (Reuters) - La moitié des exécutifs des départements seront renouvelés dans un mois à l'occasion d'élections cantonales...

par Clément Guillou

PARIS (Reuters) - La moitié des exécutifs des départements seront renouvelés dans un mois à l'occasion d'élections cantonales qui intéressent peu les Français mais constituent le dernier scrutin direct avant la présidentielle.

Paris est le seul département à ne pas être concerné par les scrutins des 20 et 27 mars, où quelque 2.000 conseillers généraux seront élus pour trois ans.

À moins qu'un candidat socialiste ne s'impose en 2012 et revienne sur la réforme territoriale, ce scrutin cantonal sera le dernier : les conseillers régionaux et généraux doivent être remplacés par des conseillers territoriaux en 2014.

Cinquante-huit départements sur 100 sont dirigés par la gauche, qui reconquiert des conseils généraux depuis 1994.

La majorité est fragile dans une vingtaine de départements qui pourraient donc basculer, mais ni le Parti socialiste ni l'UMP ne s'attendent à des bouleversements majeurs.

Le "troisième tour", l'élection des présidents de conseils généraux le vendredi suivant le deuxième tour, sera tout aussi important que les deux premiers, compte tenu des particularismes locaux et d'alliances parfois inattendues.

Le principal enjeu national sera le maintien ou non de la Corrèze à gauche : François Hollande renoncera aux primaires socialistes s'il perd le conseil général.

Le scrutin aura également une influence mineure sur les sénatoriales de l'automne, les conseillers généraux composant une infime minorité des "grands électeurs" qui élisent les membres du Sénat, que la gauche espère faire basculer.

ABSTENTION

Les pronostics sont délicats. Le seul chiffre prévisible semble être celui de l'abstention, qui devrait dépasser celle des élections régionales il y a un an (53,67%) : les conseillers généraux sont élus pour trois ans seulement, sont appelés à disparaître et la publicité est faible autour de ces élections.

Pour la première fois depuis 1994, les élections cantonales ne sont pas organisées en même temps qu'une autre élection, ce qui devrait encourager la démobilisation.

Dans une récente enquête OpinionWay, deux sondés sur trois appelés à voter dans un mois se disent peu ou pas intéressés par les élections cantonales.

L'opposition accuse le gouvernement de favoriser cette abstention en évitant de communiquer sur le sujet.

"Le seul point sur lequel (ils) sont d'accord, c'est pour dire 'cette élection, faut pas s'en occuper'", a dit fin janvier le premier secrétaire socialiste, Martine Aubry.

"Pour nous c'est un rendez-vous essentiel (...) parce que c'est la dernière échéance électorale où les Français vont directement voter, choisir avant l'élection présidentielle. C'est une élection politique et c'est ce qui gêne l'UMP", a-t-elle dit.

Le PS espère franchir la barre des 60 départements à gauche et vise des départements symboliques : le Rhône du ministre de la Justice Michel Mercier, la Vienne, terre de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, ou les Pyrénées-Atlantiques, fief du président du Mouvement démocrate (MoDem) François Bayrou.

"La droite étant en position difficile et n'ayant pas une grande audience en ce moment, ils essayent d'occulter cette élection, qui est importante parce qu'elle touche à des domaines comme la solidarité et les personnes âgées", estime Pascale Boistard, membre de la direction du PS.

"ENJEU LOCAL"

Pour la majorité, ce scrutin sera "une élection locale avec un enjeu local", selon les mots du député Alain Marleix, spécialiste des élections à l'UMP.

"À mon avis, on aura un résultat équilibré. Je pense que les choses ont évolué depuis les élections régionales", dit-il à Reuters, relevant les bons résultats de l'UMP dans les élections partielles organisées depuis l'automne.

La majorité considère qu'elle aura gagné les élections cantonales si elle récupère deux départements de la couronne parisienne, la Seine-et-Marne et le Val d'Oise.

"Il vaut mieux gagner deux départements avec plus d'un million d'habitants, même si on en perd cinq ou six qui ont 250.000 habitants", dit Alain Marleix, qui ne croit pas à une nouvelle hémorragie.

Le Front national, qui n'a aucun conseiller général, essaiera de provoquer des triangulaires même si le seuil d'accessibilité au deuxième tour a été relevé de 10% à 12,5% des inscrits.

Marine Le Pen, dont il s'agira du premier scrutin en tant que chef du parti, souhaite en faire la première étape de sa "marche vers le pouvoir".

Le Parti communiste, qui compte encore de nombreux conseillers généraux, tentera d'enrayer son déclin électoral et Europe Ecologie-Les Verts de confirmer sa percée des élections régionales, dans un scrutin rural qui ne l'avantage pas.

Edité par Yves Clarisse

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