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Les chefs de l'UMP creusent la tombe de Sarkozy, dit Le Pen

Pour Marine Le Pen, les dignitaires de l'UMP sont en train de creuser la tombe de Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle en anéantissant sa stratégie visant à s'adresser aux électeurs du Front national. /Photo prise le 1er mai/REUTERS/Ch

Pour Marine Le Pen, les dignitaires de l'UMP sont en train de creuser la tombe de Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle en anéantissant sa stratégie visant à s'adresser aux électeurs du Front national. /Photo prise le 1er mai/REUTERS/Ch - -

NANTERRE, Hauts-de-Seine (Reuters) - Les dignitaires de l'UMP sont en train de creuser la tombe de Nicolas Sarkozy pour le second tour de la...

NANTERRE, Hauts-de-Seine (Reuters) - Les dignitaires de l'UMP sont en train de creuser la tombe de Nicolas Sarkozy pour le second tour de la présidentielle en anéantissant sa stratégie visant à s'adresser aux électeurs du Front national, a déclaré jeudi à Reuters Marine Le Pen.

La présidente du FN, très critique sur le fond du débat de mercredi soir entre le président sortant et le candidat socialiste, estime que "sur le plan de la posture, probablement, François Hollande s'en est mieux sorti".

Elle se déclare surtout surprise que Nicolas Sarkozy, qui semblait prêt à droitiser encore son discours pour capter son électorat, n'ait pas "joué à quitte ou double."

"En réalité, il est resté au milieu du gué pour ce second tour, probablement parce que sa stratégie était pulvérisée par les dirigeants de l'UMP dont je pense qu'ils sont en train de creuser sa tombe", a-t-elle dit au siège du parti à Nanterre (Hauts-de-Seine).

"Il remerciera ses amis de l'UMP qui l'auront empêché d'avoir le moindre espoir de gagner", ajoute-t-elle, jugeant que la ligne droitiste de son conseiller Patrick Buisson "a été anéantie par les dignitaires" de l'UMP.

Pour Marine Le Pen, le fait que le président sortant ait été "incapable d'imposer ses vues" à son propre parti montre que l'UMP est déjà "en situation d'implosion" et que Nicolas Sarkozy "a perdu la main".

Le "patron" de l'UMP, Jean-François Copé, le Premier ministre François Fillon et nombre de responsables de la majorité ont rappelé sèchement à l'ordre le ministre de la Défense Gérard Longuet, qui jugeait possible de "parler" avec la présidente du FN, contrairement à son père, Jean-Marie Le Pen.

Jean-François Copé a réaffirmé mercredi qu'il n'y aurait "jamais de discussion ou de négociation avec les leaders du Front national".

Nicolas Sarkozy doit obtenir un report massif de l'électorat de Marine Le Pen, qui a obtenu 17,9% au premier tour, et dans une moindre mesure du centriste François Bayrou s'il veut l'emporter dimanche.

"Il choisit de faire une stratégie visant à s'adresser à mes électeurs et cette stratégie est pulvérisée tous les jours par les responsables de l'UMP", estime Marine le Pen.

Selon elle, Nicolas Sarkozy n'a pas réussi tout au long du débat avec François Hollande à "sortir de cette contradiction."

"On a même eu le sentiment qu'à la fin du débat, il s'est dit 'Ah, zut ! J'ai oublié de parler aux électeurs du Front national' et dans ses deux dernières minutes, il s'est rattrapé de manière complètement artificielle", avance-t-elle.

La dirigeante du FN précise n'avoir aucun regret, répétant qu'à ses yeux Nicolas Sarkozy ou François Hollande, c'est strictement la même chose".

Gérard Bon et Marc Joanny, édité par Yves Clarisse

REUTERS