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Libéralisation des autocars: "Epuisant" mais "ça change la vie"

Les autocars relient désormais les grandes villes françaises.

Les autocars relient désormais les grandes villes françaises. - AFP

TEMOIGNAGES - Un mois seulement après la mise en place de ce nouveau mode de transport, 250.000 personnes sont déjà montées dans un autocar, selon le ministère de l'Economie. RMC s’est rendue dimanche soir à la gare de départ des bus dans l'Est parisien.

Cela fait un mois qu'ils circulent: les autocars relient désormais les grandes villes françaises. Un service apparu avec l’application de la loi Macron, qui portait notamment sur la libéralisation des transports en autobus. Et le succès est évident.

Un mois seulement après la mise en place de ce nouveau mode de transport, 75 villes françaises sont desservies. 250.000 personnes sont déjà montées dans un autocar, et 700 emplois ont été créés, selon le ministère de l'Economie.

"Maintenant, je rentre tous les week-ends"

RMC s’est rendue dimanche soir à la gare de départ des bus dans l'Est parisien, à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis. Ce jour-là, une quarantaine de passagers patientent en file pour monter dans le bus, direction Lille. Le chauffeur doit scanner chaque billet, il n'a pas encore bien le geste, et ça prend du temps. Mais dans la queue, Billel, 19 ans, étudiant à Lille, prend son mal en patience.

"Si j’avais pris le train, ça m’aurait coûté environ 40 euros l’aller-retour, et là, j’ai payé treize euros l’aller-retour", s’enthousiasme-t-il au micro de RMC. "Pour moi, ça me change la vie. Si je devais prendre le train, je pense que ça serait une fois par mois, alors que là, je rentre tous les week-ends".

"C'est plus fatiguant, contraignant"

Après dix minutes d'attente, Billel monte enfin dans le bus. Kadour, lui, ne semble pas aussi conquis. Serré au dernier rang du bus, il est un peu à l'étroit.

"C’est pas comme dans un train, où l’on peut se lever, quitter sa place, aller au bar", regrette-t-il. "C’est plus confortable, le train. Le car, c’est un peu plus fatiguant, un peu plus contraignant. On ne bouge pas… C’est épuisant".

Dans le bus, seuls quatre passagers ont plus de 30 ans. C'est le cas de Philippe et de sa femme, qui testent le service pour la première fois.

"On est quatre, avec les enfants: c’était plus économique que le train", explique-t-il. "Hier, on a pris le train à trois, on en a eu pour 140 euros. Et là, à quatre, on en a pour 70 euros".

Le bus, complet, partira finalement avec vingt minutes de retard. Arrivée à Lille prévue 3 heures plus tard. Un trajet trois fois plus long que le train.

C. P. avec Marie Regnier