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Licenciements à Ecomouv': "C'était comme à un enterrement"

Portique écotaxe démonté. En enterrant l'écotaxe, le gouvernement a provoqué le licenciement des 210 salariés d'Ecomouv'.

Portique écotaxe démonté. En enterrant l'écotaxe, le gouvernement a provoqué le licenciement des 210 salariés d'Ecomouv'. - Thomas Bregardis - AFP

Les 210 salariés d'Ecomouv' ont appris leur licenciement mardi, par un communiqué de la direction. Même s'ils s'y attendaient depuis la fin du projet d'écotaxe décidé le 30 octobre dernier, ils se sentent abandonnés par l'État.

Ecomouv' va disparaitre et ses 210 salariés sont licenciés. La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre, mardi, par un communiqué de la direction. Sans surprise, l'entreprise explique cette décision par l'abandon de l'écotaxe décidé par le gouvernement le 30 octobre dernier, dont elle devait collecter les fonds. Les salariés s'estiment abandonnés par l'État.

Même si les salariés s'attendaient à cette annonce, le coup a été rude. "On avait l'impression d'assister à un enterrement", rapporte sur RMC Cynthia Cestaro, chef d'équipe chez Ecomouv'. "Quand on a reçu la note d'information, les visages se sont crispés, les gens sont devenus très inquiets. C'est d'autant plus angoissant qu'on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé".

"J'espère que Hollande et Royal tiendront leur promesse"

Pourtant, le 14 novembre, lorsque Ségolène Royal évoquait leur sort, elle affirmait : "Un plan social est prévu, c'est-à-dire que les salariés seront payés au moins pendant un an, donc il y a de la sécurité dans l'immédiat." 10 jours plus tard, le 24 novembre, François Hollande avait effectué une visite à Metz auprès de représentants du personnel d’Ecomouv. Il affirmait alors : "Des discussions sont en cours avec l'actionnaire pour trouver les moyens de les maintenir dans l'emploi, de leur garantir leurs salaires à court terme et de les orienter professionnellement à plus long terme".

"Ce sont les mots de Ségolène Royal et du président de la République, mais toutes les belles paroles qui sortent de leur bouche, en général, ne sont pas tenues, se désole Cynthia Cestaro. J'espère que pour une fois ils tiendront leur promesse, qu'on aura un plan social digne de ce nom et qu'on pourra partir dans les meilleures conditions".

"L'Etat n'a cessé de jouer avec ce projet"

"On souhaite maintenant que l'État assure sa responsabilité sociale dans cette histoire, déclare, dépité, Olivier Kaméri, salarié d'Ecomouv et délégué CGT. Il doit assumer et permettre de donner un avenir aux salariés. Il y a beaucoup de ressentiment envers l'État". Il dénonce l'attitude du gouvernement, "qui n'a cessé de jouer avec ce projet (d'écotaxe) et avec les 200 personnes derrière, en rejetant la faute sur d'autres acteurs du dossier".


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