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Loi sur le renseignement: comment fonctionnent les "valises-espion"

Le projet de loi sur le renseignement, qui entre en examen ce lundi à l’Assemblée nationale, est-il liberticide? Zoom sur l’un des volets du texte, qui prévoit d’autoriser les services de renseignement à utiliser ce que l’on surnomme des "valises-espion", capables d’intercepter toutes les conversations téléphoniques passées à proximité.

Le projet de loi sur le renseignement est examiné à partir de ce lundi à l’Assemblée nationale. Pour prévenir d'éventuelles attaques terroristes, le texte prévoit notamment d’autoriser l’utilisation par les services de renseignement de plusieurs techniques aujourd’hui illégales, ou en tout cas, non officielles.

"Prévenir les attaques"

Parmi elles, l’utilisation par les renseignements des IMSI-catchers, ces dispositifs d'espionnage pour intercepter les conversations téléphoniques des suspects. Imaginez une petite valise : à l'intérieur, se trouvent un ordinateur et une antenne. Objectif : espionner certaines conversations téléphoniques, comme l'explique Hervé Shauer, spécialiste de la sécurité informatique.

"Les forces de police vont rechercher dans l’espace qui est autour de leur valise tous les téléphones suspects, écouter les communications, explique-t-il à RMC. Ils vont pouvoir prévenir les attaques ou les actions des gens qu’ils sont en train d’écouter."

"On rentre dans une société de la surveillance"

Problème, si vous vous promenez à proximité de cette valise, si vous passez un coup de fil, votre téléphone lui aussi va être enregistré. Ce qui est inacceptable pour Tristan Nitot, du Conseil national du Numérique.

"Si vous mettez cela en Gare du Nord, où passent des dizaines de milliers de personnes, vous êtes capable d’enregistrer qui ils appellent, par qui ils sont appelés, s’inquiète-t-il. Et donc, on rentre dans une société de la surveillance. Ce qui est extrêmement dangereux".

Ce lundi, à la mi-journée, acteurs du web et associations de défense des libertés seront devant l'Assemblée nationale pour manifester contre ce projet de loi.

C. P. avec Juliette Droz