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Loi Travail - Mailly dénonce une loi TGV: "travailler plus, gagner moins, être viré plus vite"

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, invité ce mardi d'RMC, estime que le Premier ministre Manuel Valls n'est pas allé assez loin dans la réécriture du projet de loi El Khomri et appelle toujours à manifester les 17 et 31 mars.

Le projet de loi Travail a beau avoir été édulcoré, pour Force Ouvrière ce n'est toujours pas assez. "Il y a eu quelques corrections, mais cela ne change pas le texte", déclare son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, ce mardi chez Jean-Jacques Bourdin. La veille, Manuel Valls a présenté les modifications apportés à ce projet de loi El Khomri après les manifestations syndicales de la semaine dernière. Exit, donc, le barème des indemnités prud'homales après un licenciement abusif, la possibilité pour un patron de PME de décider unilatéralement de faire passer ses salariés au forfait jour… Mais à part la CFDT, personne n'est satisfait des modifications apportées.

"Il y a un vrai problème de philosophie générale du texte, plus toute une série de points qui ne nous conviennent pas: sur les licenciements, la durée du travail..., se désole Jean-Claude Mailly. Pour moi c'est une loi TGV: travailler plus, gagner moins et être viré plus vite. J'attends qu'on me sorte une seule étude, nationale ou internationale, montrant que plus de flexibilité ça créé de l'emploi".

C'est pourquoi le leader de FO appelle à poursuivre la mobilisation. Jeudi 17 mars d'abord, en se greffant à la manifestation des étudiants, et le 31 mars.

"Qu'on m'apporte la preuve que la flexibilité crée de l'emploi"

Si quelques points du texte trouvent tout de même grâce aux yeux de Jean-Claude Mailly ("sur les apprentis, les astreintes, les équivalences"…), il y a une mesure essentielle à laquelle Manuel Valls n'a pas touché et qui crispe particulièrement Force Ouvrière. "Nous considérons qu'il faut maintenir le rôle de la branche au niveau national et qu'on négocie ensuite au sein de l'entreprise. Sauf que là, le projet donne la priorité - et ce point n'a pas changé -, à l'entreprise au détriment des accords de branche. Dans tous les pays qui ont fait ça – Espagne, Portugal, on a constaté un effondrement de la négociation collective et un effondrement du nombre de salariés couverts par des conventions collectives".

"C'est l'élément essentiel pour nous, car on va pouvoir déroger par des accords majoritaires ou de référendum, à toute une série de droits, par exemple concernant les heures supplémentaires".

"Demain dans l'entreprise, le patron pourra mettre la pression sur les salariés pour faire des heures supplémentaires qui ne seront plus majorées que de 10%, et non plus 25% comme aujourd'hui. Aujourd'hui ce n'était pas possible car il fallait un accord de branche".
P. G. avec JJ. Bourdin