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Loups en liberté dans le parc du Gévaudan: "Dans trois jours, il est question de les abattre"

La présence des loups divise

La présence des loups divise - AFP

Des représentants de la Coordination rurale ont donné jeudi trois jours aux autorités pour capturer les loups échappés du parc scientifique du Gévaudan (Lozère), menaçant sinon de faire "le forcing pour que la manière forte soit employée".

Trois jours pour retrouver les loups échappés du parc du Gévaudan (Lozère). C'est le temps qu'ont donné aux autorités des représentants de la coordination rurale ce jeudi pour capturer deux loups de Mongolie qui se sont échappés dans la nuit de lundi à mardi par un portillon fracturé. Si dans ce délai, tous les animaux ne sont pas repris, "nous ferons le forcing pour que la manière forte soit employée", assure Alain Pouget, pour la Coordination rurale, espérant que le préfet prenne rapidement un arrêté autorisant d'abattre les loups en question.

"Nous avons, par expérience, une position radicale: la cohabitation entre le loup et le pastoralisme est impossible. Ce sont deux choses antinomiques", s'emporte-t-il sur RMC. C'est pourquoi, il réitère ses propos: "A l'issue de ces trois nuits, il est question de les abattre. Ça c'est le dispositif officiellement prévu mais on ne va pas appeler à flinguer les loups. En revanche, les gens ont bien compris qu'à un moment donné ils peuvent s'autoriser à tirer. Pas vu, pas pris… C'est aussi simple que cela".

Une présence qui divise

De son côté, Pierre Rigaux, membre du collectif "CAP loup", collectif d'associations pour la protection du loup, estime que l'ultimatum de la coordination rurale n'a rien de sérieux. "La présence de ces deux loups ne change absolument rien à l'état de l'élevage ovin en Lozère, certifie-il. Il y a déjà des loups en Lozère même s'ils sont très peu nombreux. Et de toute façon, les loups vont revenir dans le Massif Central, du moins si on ne les flingue pas trop, donc la Coordination rurale aurait tout intérêt à s'adapter".

Comme dans d'autres départements, la présence du loup en Lozère oppose de façon récurrente les éleveurs de brebis se plaignant de prédations régulières et les organisations de défense des animaux. Le "canis lupus", revenu dans les années 1990 par l'Italie et concentré dans le Sud-Est, a vu sa population tripler en 10 ans en France, de 100 à 300 individus environ, selon les estimations de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

M.R avec Romain Poisot